Pierre-Louis Blanchard

Résumé

Pierre-Louis Blanchard La vérité à ceux qui gouvernent… (1798)

Comment l'homme, qui n'a pas encore à rougir devant ses semblables, peut-il
franchir le pas qui sépare l'honnête du criminel ? Il y a un si noble orgueil à se sentir d'une probité intacte ! Il est si horrible d'avoir à rougir jusques devant soimême ! Insensé, qu'espères-tu ? Si le bonheur te rit , tu ne seras méprisé qu'en arrière, il est vrai; mais enfin tu le seras.
Mais si la fortune te trompe , personne ne te ménagera alors ; quelle consolation te restera-t-il ? Comment te plaindras-tu des hommes ? Que te diras-tu, à toi-même, pour adoucir tes maux ?
Source : Gallica

Pierre-Louis Blanchard La vérité à ceux qui gouvernent… (1798)

Non, c'est un ambitieux qui porte dans son cœur le désir coupable d'anéantir les lois qui nous disent libres et égaux. Si la République lui plaît, ce n'est point parce qu'elle laisse, autant que possible, l'homme dans la place honorable où l'a mis la nature elle-même; c'est parce que son ambition peut y former des espérances ; s'il pouvait régner à côté des rois, la monarchie attirerait tous ses vœux. Voilà l'ambitieux ; il ne reconnaît une patrie que parce qu'il y peut être quelque chose.
Source : Gallica

Pierre-Louis Blanchard La vérité à ceux qui gouvernent… (1798)

Si tu n'as pas su t'honorer dans ta personne, comment honoreras-tu ta place ? Comment réprimeras-tu le vice ? comment parleras-tu de vertu ? comment feras-tu croire que tu peux être honnête homme? comment feras-tu compter sur ton courage au moment du danger?
Il n'y a que l'habitude de la vertu qui soit un sûr garant de la probité.
L'homme, qui ne connaît point le frein salutaire des mœurs, a trop peu d'empire sur lui-même, pour qu'on en puisse attendre d'autre bien que celui qui échappera à ses caprices et à ses passions.
Source : Gallica

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