Pierre Louÿs

Pierre Louÿs

Résumé

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs La Femme et le pantin

Si vous connaissez la paix, les nuits calmes, la vie insouciante, tout ce que nous appelons le bonheur, n’approchez pas Concha Perez! Si vous ne voulez pas que le jour où nous sommes partage votre passé d’avec votre avenir en deux moitiés de joie et d’angoisse, n’approchez pas Concha Perez! Si vous n’avez pas encore éprouvé jusqu’à l’extrême la folie qu’elle peut engendrer et maintenir dans un cœur humain, n’approchez pas cette femme, fuyez-la comme la mort, laissez-moi vous sauver d’elle, ayez pitié de vous, enfin!
—Don Mateo, vous l’aimez donc?
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs La Femme et le pantin

«Conchita, ma fille... Tu ris... dis-moi que tu ris.
—Ah! oui, je ris! je vais te le dire, tiens! s’il ne te faut que cela. Je ris! je ris! es-tu content? Je ris de tout mon cœur, écoute, écoute comme je ris bien! Ha! ha! je ris comme personne n’a ri depuis que le rire est sur les bouches! Je me pâme, j’étouffe, j’éclate de rire! on ne m’a jamais vue si gaie; je ris comme si j’étais grise. Regarde-moi bien, Mateo, regarde comme je suis contente
Elle leva ses deux bras et fit claquer ses doigts dans un geste de danse.
Source : Gutenberg

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs La Femme et le pantin

Tu as mes seins, tu as mes lèvres, mes jambes brûlantes, mes cheveux odorants, tout mon corps dans tes embrassements et ma langue dans mon baiser. Ce n’est donc pas assez, tout cela? Alors ce n’est pas moi que tu aimes, mais seulement ce que je te refuse? Toutes les femmes peuvent te le donner, pourquoi me le demandes-tu, à moi qui résiste? Est-ce parce que tu me sais vierge? Il y en a d’autres, même à Séville. Je te le jure, Mateo, j’en connais. ¡Alma mia! sangre mio! aime-moi comme je veux être aimée, peu à peu, et prends patience. Tu sais que je suis à toi, et que je me garde pour toi seul.
Source : Gutenberg

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