Résumé

Portrait de Renée Dunan Renée Dunan Les Marchands de voluptés

Adalbret, devant tant de grâces, ne se sentit plus de joie. Voilà une volupté qui ne bafouerait pas l’image d’Amande, qu’il pouvait continuer d’admirer comme une icone.
Pendant ce temps, sa femme, furieuse, battait du pied dans le salon où elle avait repris sa robe de chambre rose, noire et or. Elle se disait mille injures. Quelle sottise, en effet, d’avoir épousé cet imbécile. Il devait n’avoir de goût que pour les maritornes...
Ah ! elle tromperait bien Adalbret. C’était la chose la plus facile du monde, et il n’y fallait aucun génie.
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Elle pensa qu’Adalbret, dans un pareil décor, se déciderait enfin à faire non plus le mari, mais l’amant. Il le tenta, pour tout dire, mais son éducation, sans doute insuffisante en matière d’amour, ne lui permit que des exploits médiocres au lieu du grand élan et de la fièvre épique qu’Amande attendait.
Elle tenta de l’éveiller, dans son sommeil bourgeois d’époux qui ne sait pas donner de la joie aux femmes. C’était certes délicat, mais Amande ne craignait rien, pas même de passer pour une petite dévergondée...
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Outre cela, l’homme en question est riche et il n’est point de femme qui soit indifférente à quelques billets bleus ...
— Écoutez, nota Amande, si ce que vous me promettez est vrai, je n’accepte que dans un décor selon mon goût.
— Dites toujours !
— Voilà. Je veux bien être aimée par votre phénix, mais dans une totale obscurité, et sans un mot. Mes tentatives se sont heurtées jusqu’ici à des déceptions et à des médiocrités qui m’ont un peu dégoûtée. Donnez-moi un homme qui aime, qui sache ce que c’est que l’amour, et qui veuille m’en faire goûter la saveur. Voilà ce que je vous demande.
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