René Boylesve

René Boylesve

Résumé

Portrait de René Boylesve René Boylesve Mon amour

J’ai dit adieu à cette petite maison de la rue du Bouquet-d’Auteuil, à la vue sur le jardin où est l’amorce de charmille, à ce corridor où, un jour, madame de Pons et moi, sommes restés muets...
3 mars.
L’amour est une illumination. C’est entre cette femme et moi, comme une fête d’été qui finit. Quelqu’un a soufflé sur les lanternes, quelques mèches fumeuses répandent une odeur écœurante ; où furent l’éclat et l’heureuse rumeur, c’est la nuit, avec des relents d’ivresses humaines et un chaos d’objets saccagés dans l’ombre.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Mon amour

Elle trompe sa mère sur ses propres sentiments, car, si sentiments il y a, elle se trompe elle-même !... Comment cela ? Mais parce qu’elle ne croit point m’aimer. Une femme peut aimer sans qu’elle s’en doute. Celles qui ne pensent qu’à l’amour et qui se tâtent le pouls, chaque soir, afin de savoir si elles aiment, peuvent croire qu’elles aiment alors qu’elles n’aiment pas ; mais celles qui s’emploient, par un reste de fidélité tenace, à éloigner d’elles toute pensée d’amour décorent de noms innocents — tels qu’amitié, plaisirs intellectuels, communauté de goûts — ce qui est amour.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Mon amour

La nuit, la solitude, la magnificence du calme absolu, et mon dieu enfermé là, non loin, sous le petit toit d’ardoise qui s’argente à la montée du croissant de lune !... Griserie, plénitude de vie, espoir un peu forcé, mais espoir ! et je ne sais quoi de douloureux, en moi, qui se mélange si bien à la nuit !... Regards béats vers les étoiles ; une envie d’éclater en mille morceaux, en milliards de miettes, et d’aller scintiller si loin, si haut ! un désir d’échapper à moi-même comme n’importe qui, par les grands mots lyriques !... Montagnes, vallée, lac, ville endormie, silence !
Source : Gutenberg

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