Résumé

Pierre Maël Une française au pôle Nord

Tout ce qu’avait pressenti Hubert d’Ermont se réalisait.
Le sous-marin flottait sur une nappe d’eau douce d’une merveilleuse limpidité, enfermée en une vaste caverne presque entièrement semblable à celle du Pôle lui-même. Un point clair, pareil à une lueur jaillie d’une lentille, se laissait voir au sud. Guerbraz dirigea le bateau sur ce point.
C’était l’ouverture même de la grotte, son orifice au jour. Les eaux du lac y formaient en été une cascade tombant de plus de 100 mètres de hauteur. Mais à ce moment de l’année, le froid avait solidifié les premières chutes en gradins de cristal.
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Pierre Maël Une française au pôle Nord

Rien n’annonçait l’approche de cette muraille de glace que d’Ermont et Schnecker n’avaient pu franchir à l’aide de l’aérostat. Avait-elle donc changé de place, s’était-elle fondue, ou bien les deux hommes n’avaient-ils été que les jouets d’une hallucination, les victimes du vertige des glaces ?
Cette question hantait l’esprit d’Isabelle. Malgré l’énergie surhumaine qui la soutenait, elle ne pouvait se défendre d’un sombre désespoir. On touchait aux derniers jours d’août, et l’on n’était pas plus avancé qu’aux premiers.
Brusquement, le matin du 26, les voyageurs eurent comme un éblouissement.
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Pierre Maël Une française au pôle Nord

Le père d’Isabelle sourit et, réclamant le silence :
« Non, messieurs, dit-il, ce n’est pas moi qu’il faut acclamer. Je ne suis qu’un instrument, le moindre d’entre vous. Nous travaillons pour l’humanité, pour la science et, faut-il le dire, pour la France, notre glorieuse patrie, pour prouver au monde que cette patrie des grands dévouements ne se laisse devancer par personne sur la voie de l’honneur et du courage.
— Vive la France ! » cria frénétiquement l’assistance.
À cette patriotique acclamation une seule voix ne se mêla point.
Ce fut celle du chimiste Schnecker.
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