Résumé

Recueil des discours de l’Académie française

M. de Tocqueville est mort jeune. Il n’a pas eu le temps pour complice de sa gloire, et, soit qu’on regarde en lui l’écrivain, l’orateur ou l’homme d’État, il apparaît, à ne consulter que l’âge et l’œuvre, comme un édifice inachevé. Et cependant, si l’on s’élève pour écouter le bruit de sa mémoire, il monte de lui vers l’âme une voix à qui rien ne manque en éclat, en plénitude, en profondeur, une voix qui a déjà du souffle de la postérité, et qui fait à M. de Tocqueville un de ces noms souverains dont le règne ne doit pas périr.
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Recueil des discours de l’Académie française

Que les hommes se divisent dans l’âge mûr, c’est l’inévitable effet de la contrariété des intérêts et des divers mécomptes de l’expérience. Mais que ce travail de division devance celui de l’âge ; qu’il n’y ait pas, dans un grand pays, une idée, une foi, une institution, un drapeau autour duquel tous les fils d’un même sol puissent, dans l’entraînement de leurs vingt ans, se serrer pleins d’une ardeur fraternelle, c’est le mal tout gratuit et le châtiment des révolutions. C’était le malheur de la jeunesse à laquelle s’adressait le Père Lacordaire.
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Recueil des discours de l’Académie française

Loin de nous, Messieurs, ces regrets pusillanimes ! Cette publicité qui nous envahit, si c’est le danger et l’abus des sociétés comme la nôtre, c’est aussi leur défense et leur honneur. Dans les jours où la liberté est en péril, c’est la dernière garantie du droit ; en tout temps, c’est le signe de la maturité d’un peuple qui ne craint pas de se connaître et même de se montrer tel qu’il est, parce qu’il se sent en état comme en devoir de se conduire et, s’il le faut, de se corriger par lui-même.
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