Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Alfred Mézières (René Doumic)

Quand nous lisons un auteur étranger, nous le tirons forcément à nous. Ainsi faisons-nous pour Shakspeare. Ce qui nous passionne, nous autres Français, et jamais ne nous lasse, c’est la connaissance de l’âme humaine. Donc, nous savons gré à Shakspeare d’avoir dit sur l’amour, sur la jalousie, sur l’ambition, sur l’ingratitude, sur le mal de vivre, des choses d’une profondeur et d’une tristesse infinies. Tel est, dans l’interprétation de Shakspeare, le point de vue français. C’est celui auquel s’est placé Mézières.
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Portrait de René Doumic René Doumic Alfred Mézières (René Doumic)

Les études, telles qu’on les comprenait à cette époque, étaient faites pour ravir un enfant qui avait l’esprit vif, de l’imagination, du cœur, un goût instinctif des lettres, le sens inné de notre tradition. Rien de pédantesque, ni de morose ; un enseignement simple, clair, vivant, qui avait pour âme l’admiration des belles choses. Des maîtres savans et modestes, passionnés pour les œuvres dont ils faisaient les honneurs à leur jeune auditoire. Alfred Mézières eut, au lycée de Metz, un de ces professeurs excellens, comme on en trouvait même dans de moindres collèges.
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Mézières n’eut rien à y changer. Il rendait un juste hommage au génie de Goethe, à sa puissance et à son universalité. En dessinant la figure de l’homme, il ne pouvait se dispenser d’y souligner ce prodigieux égoïsme qui a toujours déconcerté la cordialité française. Qu’il s’agisse de Marguerite, la petite ouvrière de Francfort, et d’Anne Catherine Schœnkopf, la servante de Leipsig, ou de Frédérique Brion, la fille du pasteur, et de Lili Schœnemann, la fille du banquier, nous avons peine à admettre l’absolue insensibilité qui, chez leur amant, succède à tant de ferveur.
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