Renée Dunan,
Le Stylet en langue de carpe
“ La voix reprend : — Rubbia... Viens... Rubbia se tait. Écumant, je saute encore à la fenêtre, armé cette fois du poignard. Un homme arrive juste à ma hauteur. Il tire, et me manque ; je lui porte un formidable coup de stylet. Je sens l’acier pénétrer dans sa chair, et je recule sans laisser l’arme. Le corps s’affaisse lourdement. Je l’entends choir sur la terre. — Rubbia... Rubbia... May jette dans la nuit un appel de chatte en folie. Les deux syllabes taraudent le silence et s’en vont comme des êtres, je les sens frôler mon cerveau fou. — Rubbia... Rubbia... ”
