Régis de Trobriand

Régis de Trobriand

Résumé

Portrait de Régis de Trobriand Régis de Trobriand Le Rebelle

L’instinct du cheval et la profondeur de l’ornière où le hasard avait fait tomber Barterèze l’avaient évidemment préservé, sinon de la mort, du moins de blessures dangereuses. Rassuré par cette conviction, il reprit en parlant avec une certaine exaltation :
— Où est-il ? L’avez-vous vu ? Il était à cheval près de la fenêtre, et il parlait d’amour à la sœur !... quand il venait de tuer le frère !... Et l’autre ! l’autre !... Cet infernal démon qui me poursuit partout comme le remords.
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Portrait de Régis de Trobriand Régis de Trobriand Le Rebelle

Durand parut ne pas s’en apercevoir et continua :
Barterèze a si bien parlé de vous, de votre discours et de vos actes que l’autre jour, au Sword’s Hotel, le vieux Mac Daniel, après une conversation dont vous fîtes le sujet, jura en forme de péroraison qu’il aimerait mieux avoir le poing coupé que de donner sa fille a un traître tel que vous.
— Il a dit cela ! s’écria Laurent de Hautegarde.
— Il l’a dit, affirma Durand.
— Eh ! bien ! que Dieu lui pardonne tout ce qu’il causera de malheurs !
— Allons ! dit Durand sans s’émouvoir. Vous voilà maintenant rêvant sang et mort !
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Il comptait les gibets quand une voix dit près de lui :
— Voyez cet homme ! c’est lui qui dans un journal de Montréal a demandé avec tant de passion la mort des prisonniers patriotes, lui qui a osé écrire « qu’il n’était pas besoin de les engraisser tout l’hiver pour l’échafaud ! »
L’inconnu leva les yeux et aperçut un homme qui s’agitait dans la foule parmi quelques misérables dont il semblait exciter la haine contre les condamnés. C’était le conseiller Barterèze.
— Il doit être satisfait, dit quelqu’un, car celui contre lequel il montrait l’animosité la plus sanguinaire va mourir.
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