Henri-Émile Chevalier

Résumé

Henri-Émile Chevalier Les derniers Iroquois

Filles de l’enthousiasme, les révolutions populaires ont la même durée que cette fièvre de l’esprit.
Si, après l’assemblée de Saint-Charles, les patriotes canadiens se fussent instantanément portés sur Montréal, il est vraisemblable que la métropole serait tombée en leur pouvoir, et qui peut dire qu’alors ils n’auraient pas été maîtres de la province !
Mais si Neilson et plusieurs autres étaient décidés à profiter de l’ardeur de leurs partisans, Papineau, chef réel du mouvement, balançait. Il paralysa par sa tiédeur tous ces braves qui ne demandaient qu’à voler au combat.
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Henri-Émile Chevalier Les derniers Iroquois

Laisse-le, dit un autre, c’est Jean-Baptiste le quêteux. Il veut traverser ; faisons-lui la charité, ça nous portera bonheur.
Le bancal était déjà dans l’embarcation.
Les deux bateaux quittèrent le quai en même temps.
Léonie, songeuse, le cœur oppressé, hasardait, de moment en moment, sur Co-lo-mo-o, des regards timides et sympathiques ; le Petit-Aigle, les mains liées sur le dos, semblait indifférent à ce qui l’entourait. Assis derrière lui, Jean échangeait des signes avec les hommes de police, sans avoir l’air de le connaître.
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Henri-Émile Chevalier Les derniers Iroquois

Madame de Repentigny s’agite sur sa couche, Léonie tressaille,
— Qu’y a-t-il, mon enfant ? demande la première d’une voix affaiblie.
— Ah ! maman, maman ! ils vont se battre ! ils vont se battre ! répond la jeune fille en se levant et se jetant sur l’oreiller qu’elle baigne de ses larmes.
— Heureusement que ni ton père, ni sir William, ne sont là, dit la tendre mère en faisant un effort pour baiser sa fille. Ton père est à Québec, sir William à Montréal, prions Dieu pour eux !
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