Résumé

Scènes de la vie privée et publique des animaux… (1842)

Ce rêve, mon bonheur, avait été de si courte durée, que, quand je rouvris les yeux, rien n'était changé sur cette terre que j'avais cru quitter avec toi. La lune n'avait pas cessé de briller ni le ciel d'être pur. - Et j'étais seul encore, - et loin de toi encore, - dans ce monde où l'on ne sait que faire de son cœur. - Et rien ne troublait le repos de la nature endormie, si ce n'est pourtant le cri terrible de l'Oiseau de proie qui cherchait encore son butin de la nuit. - C'était là la seule réalité de mon rêve.
Adieu, - et à toi !
Tout jeune il s'était trouvé orphelin.
Source : Gallica

Scènes de la vie privée et publique des animaux… (1842)

En la voyant, le visage inondé de larmes, il fut un peu moins satisfait de lui-même, et comme il avait un cœur excellent, tout freluquet qu'il fût, il cessa sur-le-champ de faire le joli cœur. Il était hibernant comme elle, et l'on sait que souvent il suffit d'une infirmité commune pour établir des rapports de sympathie entre deux êtres parfaitement étrangers l'un à l'autre.
— Vous pleurez, belle Marmotte, lui dit-il, serait-ce du passé ou du présent?—Des deux, soupira la Catarina, et encore de l'avenir! —Ah! c'est trop, l'avenir est presque toujours une chimère.
Source : Gallica

Scènes de la vie privée et publique des animaux… (1842)

A force de souffrir, on finit par guérir. Je crus que je me consolais, parce que je devenais plus calme; mais le calme dans les passions succède à l'agitation, comme le repos aux tremblements de terre, lorsqu'il n'y a plus rien à sauver. J'étais calme, il est vrai, mais c'était fait de mon cœur. Je n'aimais plus Brisquet, et, ne l'aimant plus, je parvins à lui pardonner et à comprendre aussi pourquoi
il avait cessé de m'aimer. Pourquoi? Eh ! mon Dieu, Bébé, la meilleure raison que puisse avoir un Chat comme Brisquet pour cesser d'aimer, c'est qu'il n'aime plus.
Source : Gallica

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