Résumé

Émile Adet Revue des Deux Mondes

Le Brésil se trompe gravement en laissant à l’imagination une influence aussi souveraine dans le domaine de la politique. Deux grandes nations ont surgi dans le Nouveau-Monde, l’empire brésilien et la république des États-Unis. La confédération américaine s’élève en immolant tout, sans pitié, aux intérêts matériels de son commerce et de sa marine ; le jeune empire du Sud semblerait devoir grandir par les mêmes moyens que sa sœur aînée, si l’on ne découvrait, dans sa population douée d’un esprit ardent, une tendance trop marquée vers les théories et vers les études spéculatives.
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Émile Adet Revue des Deux Mondes

Quand de la politique extérieure du Brésil on passe à l’examen des sources de sa richesse, on reste plus convaincu encore de la nécessité de cette ligne de conduite qui se résume en deux mots : neutralité vis-à-vis de l’Amérique, et relations de plus en plus étroites avec l’Europe. Si l’instruction se répand au Brésil, si la vie politique et intellectuelle s’y développe sans cesse, les intérêts matériels y sont en souffrance, il faut bien le dire, et c’est à leur donner plus de place dans la vie brésilienne que la haute administration de l’empire doit consacrer à l’avenir toute sa sollicitude.
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Au Brésil, c’est presque un devoir, pour tout jeune homme qui entre dans la vie, de préluder par la poésie à la pratique des affaires ; mais là aussi, disons-le tout d’abord, la littérature n’est jamais, comme chez nous, une carrière, une profession. Aussi, rarement le Brésilien reste-t-il fidèle au culte des Muses ; la littérature n’est guère dans ce pays qu’une pépinière de diplomates, d’hommes d’état et de fonctionnaires publics. Parmi les ministres, les ambassadeurs, les sénateurs et les députés les plus distingués, il en est peu qui ne se soient pas essayés dans la poésie.
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