Paul Bérenger

Résumé

Paul Bérenger Revue des Deux Mondes

Dans une localité reculée, un planteur, entouré de ses familiers blancs ou métis et de ses esclaves, est un véritable autocrate. Quand il est éclairé, bienfaisant, quand il mène une vie patriarcale et pure, le peuple de serviteurs placé sous ses ordres est des plus heureux ; mais s’il se laissé dominer par ses passions, les abus d’autorité ne sont pas rares et sont presque irrépressibles. Seule la presse, dont la liberté est absolue au Brésil, vient de loin en loin les signaler à la vindicte publique.
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Paul Bérenger Revue des Deux Mondes

II Les voies de communication les plus fréquentées au Brésil sont celles qu’a formées la nature. Parmi elles, la mer tient la première place, les grandes villes ayant été fondées successivement sur la côte par les conquérans européens. Bahia, d’abord l’ancienne capitale, puis Rio-de-Janeiro, la nouvelle, toutes deux dominant des baies d’une beauté et d’une sûreté incomparables ; Pernambuco, dont le port est difficile d’accès, ne vient qu’en troisième ligne. Seize provinces sur vingt ont, sinon leur chef-lieu, du moins leur principal débouché sur l’Océan.
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Cet incident des mines d’or de Minas Geraes prête un argument nouveau à ceux qui craignent de voir, dans l’avenir, les coulies chinois en butte aux mauvais procédés de certains planteurs de l’intérieur. Pour nous, nous ne saurions trouver cet exemple concluant. La race jaune n’a rien de l’apathie, de l’indolence enfantine de la race noire. Elle connaît ses droits, possède un vif sentiment de la justice, comprend la force de l’association, et lorsqu’on se permet contre elle des abus d’autorité, devient vindicative et parfois dangereuse. Les planteurs trouveront avec qui compter.
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