Résumé

Portrait de Émile de Laveleye Émile de Laveleye Le Régime parlementaire et l’absence de partis politiques en Italie

Rien n’est plus enivrant et plus dangereux pour le bonheur d’un peuple que la gloire militaire. C’est un poison qui tue la liberté, Un roi victorieux peut à son gré devenir un souverain absolu, car que vaut une constitution pour arrêter des légions rompues à l’obéissance et enflammées par le souvenir de leurs succès ? L’Angleterre et l’Amérique ont vu le péril, et jamais elles n’ont voulu de grandes armées permanentes. Victorieuse à Custoza et à Lissa, l’Italie n’aurait rien pu refuser à ses marins ou à ses soldats, et ses généraux auraient tenu dans leurs mains le sort du pays.
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Portrait de Émile de Laveleye Émile de Laveleye Le Régime parlementaire et l’absence de partis politiques en Italie

Il n’y a pour un peuple pire fléau qu’une dynastie militaire. Tout Italien éclairé doit bénir le ciel d’en avoir préservé sa patrie, même au prix des insuccès de la campagne de 1866.
L’Italie possède d’autres avantages encore. Elle n’a point de partis dynastiques et irréconciliables. La monarchie constitutionnelle est considérée par l’immense majorité des citoyens comme le régime qui convient le mieux au pays dans les circonstances actuelles, et nul prétendant ne dispute à la maison de Savoie la couronne qu’elle a si laborieusement conquise sur l’étranger, et que la nation lui a décernée.
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Portrait de Émile de Laveleye Émile de Laveleye Le Régime parlementaire et l’absence de partis politiques en Italie

Le nombre des hommes d’État capables de remplir les hautes fonctions du gouvernement est plus que suffisant. Les classes aisées et le peuple, animés d’un patriotisme bien inspiré, sont prêts à tout pour assurer la prospérité de cette patrie si longtemps rêvée et enfin conquise. La situation intérieure est donc excellente. Les relations avec l’étranger ne sont pas moins bonnes ; tous les états sont sympathiques à l’Italie, et, chose curieuse, habile au moins, sinon admirable, c’est avec l’ennemi séculaire, avec l’Autriche, que l’entente est la plus cordiale.
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