Joseph Conrad,
Gaspar Ruiz et autres récits
“ Pas un muscle ne bougeait, pas même un des muscles puissants de Gaspar Ruiz qui, inondé du sang de ses voisins, et faisant le mort, s’efforçait de paraître plus mort que les autres. Il était allongé le visage contre terre. Le sergent le reconnut à sa stature, et étant lui-même un très petit homme, regarda avec envie et mépris cette force abattue. Il avait toujours détesté ce soldat-là. Poussé par une obscure animosité, il fit une longue estafilade au cou de Gaspar Ruiz avec la vague idée de s’assurer de la mort de l’hercule, comme si un physique puissant eût pu mieux résister aux balles. ”
