Lionel Groulx,
L’appel de la race
“ Lantagnac avait prononcé ces dernières paroles avec une solennité émue qui lui coupa la voix. Il reprit d’un ton raffermi : — Les grands maîtres de la pensée française, grâce à vous, Père Fabien, avaient accordé peu à peu mon être intellectuel ; la campagne de Saint-Michel, les personnes, les choses, l’horizon, les souvenirs de la maison paternelle ont accordé mon être sentimental. Sur la tombe des Lantagnac je me suis accordé à mes ancêtres. Je l’ai éprouvé, je l’ai touché comme une réalité sensible : le Lantagnac que j’étais allait devenir proprement une force anarchique, perdue. ”
