Simonne Ratel,
Trois parmi les autres
(1929)
“ Si bien que rien ne poussa, dans ce jardin de la chimère, rien qu’une plante de ciboule que personne n’avait semée, miracle d’une graine voyageuse. Le jour de ta fête, le petit garçon t’apporta une brassée de fleurs de son jardin, La petite fille ne put t’offrir que la fleur de ciboule qui dressait une raide massue hérissée de pointes mauves sur sa tige de zinc bleu. Tu la pris dans tes deux mains : « Comme elle est belle, mon trésor ! Comme elle sent bon ! » Tu avais les larmes aux yeux, peut-être parce que tu étais émue, peut-être parce que cette ciboule sentait l’oignon, à en pleurer. ”
