Athénaïs Michelet,
Mémoires d'une enfant
(1888)
“ « Sorcière, voyez. » Et je lui tendis ma malheureuse poupée. Elle me regarda longtemps, mais d'un œil sans colère, puis lentement elle me dit : « Enfant, vous m'appelez sorcière, qui vous a dit que je l'étais? Vous ne savez donc pas que c'est une injure qu'on a fait au pauvre qui vieillit. Votre père est vieux, et pourtant on ne l'appelle pas monsieur le sorcier; il est riche. » Elle ajouta d'un accent plus triste et aussi plus sévère: « Si je l'étais, je n'aurais pas besoin de vous tendre la main, de recevoir l'aumône. » Je restai fort troublée, sentant que je l'avais blessée. ”

