Edouard Schuré,
Revue des Deux Mondes
“ « J’entends, je sais, je viens ! » — Et la belle Yasôdhara, ne sentant plus la tête chérie sur son sein, se réveillait aussi et disait : — « Qu’est-ce qui manque à mon seigneur ? — Je ne sais pas, » répondait Siddârtha. Mais la pitié qui paraissait dans son regard avait quelque chose d’effrayant, et son visage était comme celui d’un dieu. Quelquefois, pour calmer ses angoisses, Siddârtha demandait le son des instrumens à cordes. Mais les cordes disaient en frémissant : — « La vie humaine est comme le vent : un soupir, un sanglot ; l’entends-tu ? C’est un souffle, un cyclone qui passe. » ”
