Sophie de Monnier

Définition et enjeux

Sophie de Monnier Les amours de Mirabeau et de Sophie de Monnier… (1865)

A SOPHIE DE MONNIER 203
de son amour, sensible Sophie?... Insensée, ne va pas croire que tu sois jamais aimée comme tu l'es par lui ! Tu ne retrouveras ni ces ardeurs, ni ces transports, ni ces délicatesses, ni tous ces inexprimables sentiments qui firent ta félicité. Un coeur accoutumé à un tel amour n'entendra pas le langage d'un autre coeur et ne s'en fera point entendre ; ou plutôt l'âme souillée par une horrible perfidie ne pourra plus ni produire, ni recevoir, ni savourer la volupté...
Source : Gallica

Portrait de Henry Monnier Henry Monnier Galerie d'originaux (1858)

SOPHIE. - Je crois bien, vous êtes toujours à me brusquer; vous ne pensez jamais qu'à me gronder.
PIXOIS. — Je ne t'ai grondée ni brusquée ; il ne faut pas dire ça. Nous avons une bien mauvaise tête, ma chère amie; il faut en convenir.
SOPHIE. — C'est pas ma faute; on ne se refait pas. La vôtre est peut-être bonne aussi?
PITOIS. — Voyons, je n'aime pas les bouderies; voyons, faisons la paix ; il n'y a pas dans tout cela de quoi fouetter un chat. Eh bien, m'en veut-on toujours?
SOPHIE. - Non; mais c'est que c'est vrai, comme si vous n'en faisiez pas vous-même, des bêtises!
Source : Gallica

Sophie de Monnier Les amours de Mirabeau et de Sophie de Monnier… (1865)

A SOPHIE DE MONNIER 193
torrent de douleur m'entraîne et sort de mon sein pour ravager le tien. L'image qui me réfléchit le passé, vers lequel le désir et l'amour m'entraînent, me rend le présent plus horrible et l'avenir plus redoutable. Jamais ta présence n'excita en moi un amour plus brûlant, des désirs plus violents, que ceux qu'allume ton souvenir ; et leur impétuosité aiguise le tourment des privations. Eh ! que me reste-t-il de la vie, loin de toi ?
Source : Gallica

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