Auguste Bouchot

Élements biographiques

Auguste Bouchot Académie française. Éloge de Turgot… (1846)

Mais l'on ne peut nier que la royauté ne comprît mieux que jamais sa situation. Louis XV n'avait-il pas souvent entrevu du fond de ses plaisirs les embarras qu'il léguait à son successeur? Le Dauphin n'annonçait-il pas hautement que son règne serait un règne de réformes? La royauté pouvait donc encore satisfaire les peuples, en acceptant la direction d'une révolution inévitable, et par cette politique sauver non-seulement son trône, mais encore avec lui tous ces imprudents qui ne voulaient pas s'apercevoir que tout était changé autour d'eux, et que le moment était venu de céder ou de périr.
Source : Gallica

Auguste Bouchot Académie française. Éloge de Turgot… (1846)

Ce n'était pas là en effet la faute des hommes, mais celle des choses, et l'inévitable conséquence de la féodalité et du despotisme qui avaient confisqué toute la liberté des individus. Longtemps les peuples avaient souffert en silence : mais enfin, du sein des douleurs qu'engendrait l'oppression, s'étaient élevées des plaintes timides et isolées d'abord, ensuite plus hardies et universelles, et le spectacle de tant de maux avait conduit peu à peu les esprits à se demander de quel droit, en vertu de quels principes s'exerçait sur les hommes une suprématie si absolue et si funeste.
Source : Gallica

Auguste Bouchot Académie française. Éloge de Turgot… (1846)

L'unité politique était établie, le roi était l'État, la noblesse se voyait réduite à n'être plus que l'auréole du trône, et les parlements étaient muets, tandis que le clergé proclamait dans toutes ses chaires le droit divin des rois. Mais la féodalité, abattue dans la politique, n'avait pas cessé de dominer dans la vie civile, ainsi que dans les moeurs : et les peuples pressaient la royauté victorieuse d'assurer leur bonheur et d'affermir son propre triomphe par l'entière destruction du moyen-âge.
Source : Gallica

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