Camille Binet

Élements biographiques

Camille Binet Le sac de Montdidier : Cinquantenaire de la victoire de 1918 (1969)

Le bombardement redouble et les obus allemands causent de graves dommages. La cour de notre immeuble est jonchée d'éclats de tous calibres.
A peine rentrés, voici que notre sonnette carillonne éperdûment. C'est la bonne de Mme Dangez qui vient nous demander asile pour elle et sa maîtresse que le bombardement effraie.
Ces dames s'installent ; nous préparons une literie de fortune, un repas d'infortune, et cela nous conduit jusqu'à 8 heures 1/2 du soir. Le canon fait rage, la maison paraît chanceler sur ces bases. Au bruit énorme de l'artillerie, se mêle le crépitement des mitrailleuses.
Source : Gallica

Camille Binet Le sac de Montdidier : Cinquantenaire de la victoire de 1918 (1969)

La nuit est terrible. Nous voici revenus aux derniers jours de Montdidier. Obus et bombes pleuvent de tous côtés autour de nous. Un projectile, éclatant contre le mur de la maison que nous occupons, achève de la découvrir et de réduire en miettes ce qui restait des vitres. La porte est arrachée. Les femmes et les enfants apeurés se réfugient dans la cave où les soldats allemands consentent à leur faire un peu de place.
Source : Gallica

Camille Binet Le sac de Montdidier : Cinquantenaire de la victoire de 1918 (1969)

Nous cheminons par la rue Bourget et la rue Bertin sur les ruines des maisons écroulées, enjambant des fers tordus, des fils arrachés dans lesquels on s'empêtre. Notre intention est de regagner notre logis, mais devant l'insistance des personnes qui sont avec nous et dont l'inquiétude est grande, nous acceptons l'abri qui nous est offert dans la cave très sûre de M. Autesserre, (2) avoué, où nous arrivons, brisé, mourant de faim, à plus de dix heures du soir. C'est cet instant qui marque le commencement de notre captivité réelle et ouvre la série de nos misères.
Source : Gallica

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