Fortuné Louis Méaulle

Élements biographiques

Portrait de Fortuné Louis Méaulle Fortuné Louis Méaulle Perdus dans la grande ville (1891)

Ainsi pensait Kerven.
« Nous approchons, » disait-il, impatient, à Yvon.
Et les villes et les villages fuyaient rapidement le long de la voie.
Yvon, lui, était triste : il n'espérait rien de la grande ville. Ah! s'il avait pu s'enfuir et retourner près de sa grand'mère ! mais il n'osait abandonner Kerven; puis quelles raisons lui aurait-il données ? de quoi pouvait-il se plaindre jusqu'à cette heure ?
Mais comme ce chemin de fer va vite, mon Dieu !
l'entraînant loin, bien loin de tout ce qu'il aime.
« Demain, disait Kerven radieux, nous serons enfin à Paris! »
Source : Gallica

Portrait de Fortuné Louis Méaulle Fortuné Louis Méaulle Perdus dans la grande ville (1891)

Pauvre Kerven! décidément la mer ne lui est pas propice. Il est pâle , défait et à moitié enfoui sous le poisson ; car, dans ses souffrances, il a glissé de son banc, et il sent sur sa poitrine une énorme raie bouclée qui semble le regarder de ses petits yeux étonnés.
Pauvre Kerven! mais toi, Yvon, que dis-tu de l'aventure? N'est-ce pas qu'il n'y a rien de tel qu'un voyage à Paris pour bien voir la mer.? Mais qu'en dirait, hélas! ta grand'mère?
Cependant le patron de la barque était forcé d'arrêter le chargement, faute de place ; son bateau regorgeait de soles, de merlans, de maquereaux.
Source : Gallica

Portrait de Fortuné Louis Méaulle Fortuné Louis Méaulle Perdus dans la grande ville (1891)

« Kerven et toi, vous serez dans toutes mes prières. » Ça t'est bien égal ça, hein!
— Mais non, dit gravement Kerven en regardant Yvon dans les yeux, non, ça ne m'est pas égal les prières de ta grand'mère : c'est comme si une sainte veillait sur nous.
— C'est vrai, dit tranquillement Yvon, grand'mère c'est une sainte. » Puis il ajouta, pour rendre sans doute à Kerven son compliment : « Ton père aussi, c'est un brave homme, bien respecté dans le pays.
— Oui, mais ce n'est pas la même chose, fit Kerven;
mon père s'adresse toujours à la raison, et ta grand'mère vous parle au cœur. »
Source : Gallica

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