Honorat de Bueil Racan,  Oeuvres poétiques de Malherbe, précédées de la vie de Malherbe par Racan et suivies des Lettres choisies… (1874)

“ Il y a environ deux ans que, faisant office de bonne parente au roi et à la reine d'Angleterre, vous les consolâtes de ta mort du prince de Galles, avec une lettre où je puis dire avoir vu des conceptions et des paroles que je ne vis jamais ailleurs. Tournez aujourd'hui vos armes contre vous-même, et vous commandez en la mort d'un frère ce que vous avez exigé d'un père et d'une mère en la perte d'un fils. Toute la France a les yeux tournés sur vous, pour y voir le combat d'une douleur infiniment sensible et d'un courage extrêmement relevé. ”
Source : Gallica

Honorat de Bueil Racan,  Oeuvres poétiques de Malherbe, précédées de la vie de Malherbe par Racan et suivies des Lettres choisies… (1874)

“ Philis, qui me voit le teint blême, Les sens ravis hors de moi-même, Et les yeux trempés tout le jour, Cherchant la cause de ma peine, Se figure, tant elle est vaine, Qu'elle m'a donné de l'amour.
Je suis marri que la colère Me porte jusqu'à lui déplaire; Mais pourquoi ne m'est-il permis De lui dire qu'elle s'abuse, Puisqu'à ma honte elle s'accuse De ce qu'elle n'a point commis?
En quelle école nonpareille Auroit-elle appris la merveille
De si bien charmer ses appas, Que je pusse la trouver belle, Pâlir, transir, languir pour elle, Et ne m'en apercevoir pas?
”
Source : Gallica

Honorat de Bueil Racan,  Oeuvres poétiques de Malherbe, précédées de la vie de Malherbe par Racan et suivies des Lettres choisies… (1874)

“ Et j'ai bien fait aussi d'asservir ma raison En si belle prison.
C'est peu d'expérience à conduire sa vie, De mesurer son aise au compas de l'envie, Et perdre ce que l'âge a de fleur et de fruit, Pour éviter un bruit.
De moi, que tout le monde à me nuire s'apprête, Le ciel à tous ses traits'fasse un but de ma tête ; Je me suis résolu d'attendre le trépas, Et ne la quitter pas.
Plus j'y vois de hasard, plus j'y trouve d'amorce; Où le danger est grand, c'est là que je m'efforce; En un sujet aisé moins de peine apportant, Je ne brûle pas tant.
”
Source : Gallica

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