Jean Tharaud

Élements biographiques

Portrait de Jean Tharaud Jean Tharaud,  Marrakech (1943)

“ On monte un escalier brutal, et là-haut se découvre un spectacle si grandiose que du coup s'effacent de l'âme toutes les charmantes choses d'en bas. Imaginez autour de vous une immense étendue rosée de murailles et de terrasses dans une large ceinture verdoyante d'oliviers et de palmiers; et là, tout près, l'Atlas éblouissant de neige, pareil à une gigantesque vague, suspendue au bord d'une plage avec sa frange d'écume, dans l'émotion, semble-t-il, d'un mouvement arrêté qui va reprendre et s'écrouler tout à coup... ”
Source : Gallica

Portrait de Jean Tharaud Jean Tharaud,  Marrakech (1943)

“ On dit : les choses sont ainsi; il y a là une allée, des orangers et des cyprès ; il y a là un jet d'eau, une vasque de marbre, une étoile de zelliges. Mais quand on a dit tout cela et situé exactement chaque objet, l'oranger n'a plus de parfum, le cyprès ne s'incline plus avec sa grâce adolescente, les oiseaux se sont tus, les mille étoiles du jasmin ont disparu dans le feuillage, les grandes portes paradisiaques ont refermé avec effroi leurs vantaux d 'or et de carmin sur les chambres de silence et d'ombre,
qui font penser à des auberges ou ne descendraient que des rêves...
”
Source : Gallica

Portrait de Jean Tharaud Jean Tharaud,  Marrakech (1943)

“ Et comme le soir vient, de tous les points de l'horizon accourent de grands vols d'ibis blancs qui vont se rassembler pour la nuit dans les jardins du Sultan, au bord d'un vaste miroir d'eau, où le reflet des cimes neigeuses de l'Atlas se mêle au reflet des oliviers. Ils passent au-dessus de ma tête, pareils à des pensées heureuses, et le battement de leurs ailes donne presque l' illusion d'un souffle d'éventail sur la joue. Pour cette fête du crépuscule, les petites collines charmantes se revêtent chacune d'une robe de soie
différente, rose, mauve, bleue, violette, amaranthe.
”
Source : Gallica

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