Louise-Marguerite Chéron de La Bruyère

Élements biographiques

Louise-Marguerite Chéron de La Bruyère Giboulée (1894)

Avant que Mme de Rouvray ait eu le temps de répondre, Mme Van Ghelt s'écriait, en rejetant sa fourchette sur son assiette : « C'est horrible! nous sommes empoisonnés!
Que personne ne touche à ce plat!. La purée a un goût extraordinaire.
— Passez-le-moi, je veux y goûter, s'emptessa de dire son mari.
— Mais non, mon ami. Je vous en prie.
— Je veux me rendre compte, vous dis-je. »
A peine M. Van Ghelt a-t-il mis de la purée dans sa bouche, qu'il sort de table, se précipite à la fenêtre, demande un verre d'eau et ordonne à un domestique d'aller tout de suite chercher la cuisinière.
Source : Gallica

Louise-Marguerite Chéron de La Bruyère Giboulée (1894)

On fut heureux de la voir assister au dîner, étendue sur une chaise longue dans la salle à manger, puis elle fit au salon une courte veillée avec tout le monde, jusqu'à ce que son père, la prenant dans ses bras, la montât dans la chambre préparée pour elle.
Fernande l'y suivit, pour juger de l'effet que produirait le bouquet.
« Quelle bonne odeur icil s'écria Bathilde.
C'est à croire sentir du muguet. » A ce moment la lumière donna sur les fleurs. « Cela en est vraiment. Quel bonheur ! Mes chères petites clochettes, que je suis donc contente de vous revoir avant l'année prochaine ! »
Source : Gallica

Louise-Marguerite Chéron de La Bruyère Giboulée (1894)

« Je croyais que monsieur m'avait pardonnée; et voilà qu'il me donne des mille et des cents de tulipes pour me rappeler la purée d'il y a trois ans.
— Elle est folle, cette fille, de prendre mon cadeau de travers! dit M. Van Ghelt en haussant les épaules; j'ai choisi une étoffe avec des tulipes parce que je trouve que rien n'est plus joli. Fais-lui comprendre cela, Fernande; moi, je m'en vais, les pleurnicheries, me font horreur. Tu me rejoindras dans le bureau, où je vais dire deux mots au maître de l'hôtel. »
Source : Gallica

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