Léon Laurent-Pichat

Élements biographiques

Portrait de Léon Laurent-Pichat Léon Laurent-Pichat Commentaires de la vie : un conte de fée… (1868)

S'il y a une femme dans ta vie, Mathias, dis-lui bien que vos heures d'amour ne vous sont pas données, et que quelqu'un les paye. Oui, je sens que tu aimes quelque part; tu dépenses mon coeur, pauvre enfant ! Tu es comme le prodigue qui vend la bague de sa mère ; cela porte malheur. Je suis sévère, ami. Mais une voix me dit que je ne te parle plus de ce monde. Je suis morte, puisque je n'ai plus qu'à mourir. La sorcière est une excellente femme. Marthe l'a payée, et nous sommes parties. Je ressemble à quelqu'un qui n'a plus sa place, dans la vie, s'entend. Où es-tu, Mathias, où es tu?
Source : Gallica

Portrait de Léon Laurent-Pichat Léon Laurent-Pichat Commentaires de la vie : un conte de fée… (1868)

Faustine était redevenue douce et charmante. Ce désintéressement du coeur la faisait souffrir, on le voyait. Mais elle accomplissait son dévouement avec courage. Cette âme fourvoyée était sublime. Ils avaient oublié tout, et l'heure, et le lieu où ils étaient, et la vie, et le monde. — La voiture roulait toujours.
— Mais je ne veux rien que toi, dit Paul avec ivresse. L'avenir n'a rien à me promettre qui te vaille, rien à me donner qui fasse que je t'oublie. On n'aime pas deux fois comme je t'aime ! Et je ne trouverais rien qui me fît oublier que je t'ai perdue. Tu as été mon rêve ardent
Source : Gallica

Portrait de Léon Laurent-Pichat Léon Laurent-Pichat Commentaires de la vie : un conte de fée… (1868)

J'ignore si le déplacement guérit les maux du corps ; quant aux douleurs de l'âme, il ne peut les chasser. Au lieu d'être lentement consumé par une flamme dans un coin de solitude, celui qui voyage agite son coeur comme une torche; il laisse aux pays qu'il traverse des morceaux éteints de sa souffrance; mais il emporte partout le foyer avec lui ; il brûle plus vite peut-être; c'est là le seul bien.
— Mon ami, me répondit Harriet, où irons-nous? Je me suis habituée à l'idée du bonheur ici. Quand nous serons mariés, si ce voyage est encore utile, nous le ferons, pour peu que vous le désiriez.
Source : Gallica

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