Marc Olanet

Élements biographiques

Marc Olanet Beau Môme

La jeune fille alluma sa lampe, fit une sommaire toilette. Elle dénoua ses cheveux, les démêla, réédifia sa coiffure avec un souci inaccoutumé de coquetterie, choisit son corsage le plus gracieux, sa jupe la plus seyante et s’en fut.
Elle descendit sans bruit les raides étages de l’escalier de service, passa furtive devant la loge des concierges, s’éloigna d’un pas rapide.
M. Jojo l’attendait à l’entrée du métro de la Nation. Il la vit qui venait et fit quelques pas au-devant d’elle. Il étudiait ses attitudes afin de mettre en valeur sa souplesse, sa force, la sobriété de sa mise.
Source : Wikisource

Marc Olanet Beau Môme

Accoudé au marbre de la table, M. Jojo la regardait d’un œil vague, cependant, elle ne tenait que peu de place dans ses pensées. Pour l’instant, il ne songeait qu’à soi, à l’humilité, à la précarité de sa vie, aux fâcheuses aventures qui l’avaient récemment troublée, à l’insécurité des lendemains impécunieux... En son cœur grondaient de féroces jalousies, d’ardentes convoitises...
Comme beaucoup de femmes, Lucette avait l’habitude de porter à la main, à défaut de poches où les mettre, ses clés et son porte-monnaie.
Source : Wikisource

Marc Olanet Beau Môme

Il songea qu’il allait passer un après-midi triste et vide et parce que la disparition de la grosse Georgette avait contrarié ses projets, il se dit que vraiment la vie n’est qu’un tissu de contretemps et d’ennuis. Tout en se livrant à ses réflexions désenchantées, il s’était engagé dans l’avenue Ledru-Rollin ; il parvint de la sorte au pont d’Austerlitz, le franchit, traversa la place Valhubert, entra dans le jardin des Plantes. Par les allées encore humides de la pluie de la veille, où jouaient de turbulents marmots, M. Jojo erra mélancoliquement.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature