“ Le Fauteuil de ma Grand’Mère ussi loin que me reportent mes souvenirs d’enfance, je vois la grande croisée aux vitres étroites, s’ouvrant sur le jardin où je jouais insoucieuse avec ma petite sœur, ou nous poursuivions sous l’ardeur du soleil les papillons aux ailes brillantes. Une vigne l’entourait de ses rameaux serrés ; en automne de lourdes grappes pendaient devant elle, et montant sur les genoux de l’aïeule assise dans sa grande bergère, je me hissais jusqu’aux grains dorés et les mordais de mes dents pointues comme celles d’une jeune souris. ”
Noël Bazan
Élements biographiques
Citations de Noël Bazan
“ C’est le fauteuil de ta grand’mère !... — Le fauteuil de ma grand’mère !... mais tu rêves, Rosalie... — Oh ! que non, continua-t-elle en s’animant ; c’est bien cela, c’est bien lui, tout y est ; la forme des pieds, le dessin du velours, tout, jusqu’au morceau dépareillé du milieu du dossier !... J’hésitais à le reconnaître, lorsque tout à coup ma mémoire s’illumina ; m’agenouillant près du vieux meuble, je cherchai tout émue la place où Henry avait tracé nos initiales, il y avait de si longs jours déjà ! ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Timide encor, encor modeste J'espère un encouragement, De vos regards, de votre geste, Vous m'accueillez gentiment. Vous pardonnerez je l'espère Les Trois Étapes, le Moulin, Et lorsque vous serez grand-père Vous, joli blond à l'oeil malin, Quand vous deviendrez bisaïeule, Petite au minois chiffonné, Que vous ne marcherez plus seule Et sans lunettes sur le nez, Laissez-moi croire qu'un sourire Du passé, vous rendra présents Les refrains que vous allez lire, Même s'ils sont signés BAZAN. ”
“ J’avais comme compagnon de jeux un jeune garçon de douze ans nommé Henry Coustou ; c’était l’enfant le plus intelligent qui fut au monde ; doué pour la musique d’une remarquable façon, avec cela lutin et espiègle au possible. Nous nous plaisions beaucoup ensemble et notre plus grand bonheur, lorsque la pluie tombant à verse, nous empêchait de courir dans le jardin, était de regarder des livres d’images sur la table de ma grand’mère, dans la chambre de celle-ci, et sous sa haute surveillance. ”
“ On ne pouvait songer à laisser en plan madame la Comtesse, d’autant que ma mère était sortie, et mon père à ses affaires. — Je descends, Rosalie, dit ma grand’mère, mais alors vous allez rester avec les enfants ? — Oh ! impossible, madame, Hermance dort et je ne peux la quitter ; mais M. Henry est très raisonnable, et il fera bien attention à Berthe ; n’est-ce pas, M. Henry ? — Cent fois oui, Rosalie ; vous pouvez en être sûre. Et voilà ma grand’mère et Rosalie qui sortent l’une derrière l’autre, la seconde suivant la première, comme dans la chanson des trois poules qui vont aux champs. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ De nous aimer comme il faut. A ce moment le choeur entonne à l'adresse de la dame à droite du mouton : Madame, entrez dans la danse, Regardez-en la cadence, Et puis vous embrasserez Celui que vous aimerez. Cette dame entre dans le rond et se présente ensuite devant un joueur, lui tend la joue qu'il embrasse ; puis elle passe à la gauche du conducteur et la ronde reprend le dernier couplet en changeant « Madame » par « Monsieur » et termine par « embrassez celle que vous aimerez ». ”
“ Je les trouvai sans beaucoup de peine, effacées, mais bien reconnaissables encore ; au-dessous, le cœur se distinguait imperceptiblement ; mais la flamme unique que le canif de l’enfant avait incrustée, avait complètement disparu, et je ne pus m’empêcher de me dire en souriant avec mélancolie, tandis que je déposais un baiser sur la bergère de l’aïeule, qu’elle n’avait allumé qu’un feu de paille... ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ LE CONDUCTEUR On les plante avec le g'nou, A la mode, à la mode, CHOEUR On les plante avec le g'nou, A la mode de chez nous. Ramène tes Moutons, Bergère ! Le conducteur choisit une dame parmi les joueurs et pendant que tout le monde danse, il la présente en chantant : La plus aimable à, mon gré (bis) Je vais vous la présenter (bis) Alors il quitte la dame choisie et prenant la main d'une autre dame, il forme avec celle-ci, tous les deux les bras tendus en l'air, une arcade sous laquelle passent la première dame choisie et toute la chaîne des danseurs. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Tout le choeur, sauf le conducteur, chante en tournant et en sautant : I Dis-moi donc, vieillard, que sais-tu donc faire? Sais-tu bien jouer de la mise en l'air. Le conducteur lève les bras, tourne sur lui-même, bat des mains et répond : L'air, l'air, l'air, Ah, ah, ah, De la mise en l'air. Alors tous les joueurs l'imitent. II La ronde entière chante : Dis-moi donc vieillard, que sais-tu donc faire ? Sais-tu bien jouer de la mise en boire, De la mise en boire ? Le conducteur répond, en faisant, le geste de boire : Boire, boire, boire, Ah, ah, ah, De la mise en boire. ”
“ Mes parents quittèrent le pays pour aller demeurer à Paris ; on vendit la vieille demeure et le jardin chéri que je regardais comme un paradis de délices ; on se défit aussi de plusieurs choses encombrantes, et au milieu d’elles, la vieille Rosalie, par une erreur qu’elle déplorait encore de longues années plus tard, laissa comprendre la grande bergère Louis XVI ! ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Il court, il court, le furet, Le furet du bois joli. Foulons l'herbe Tous les joueurs, hommes et dames, car il faut l'un et l'autre, tournent et sautent en rond, en chantant : Foulons, foulons, foulons l'herbe, Foulons l'herbe, elle reviendra. Alors chaque joueur homme tend la main gauche à la dame sa voisine, — car on met toujours un monsieur à côté d'une dame — de droite et la fait passer à sa gauche, alors que toute la ronde chante : Passez par ici, et moi par là, bis Foulons, foulons, foulons l'herbe, Foulons l'herbe, elle reviendra. Puis la ronde recommence. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ CHOEUR Entrrez, Messieurs, entrrez, Mesdames Dans la barraque du dompteur ! ( Trompettes) Venez voir, etc... II UNE VOIX Trois enfants, cousins et cousine, Friands de cet amusement, Avec leur bonne, Joséphine, Entrèrent dans le bâtiment. Hélas ! le faune était étique, Le feu brûlait... péniblement, Et le dedans de la boutique Ne valait pas le boniment. CHOEUR Entrrez, Messieurs, entrrez, Mesdames N'en criait pas moins le dompteur... (Trompettes) Venez voir avaler des flammes Au grand fauve de l'équateur ! ”
“ Et les amours de se dire, En riant leur joli rire : Reprenons notre carquois ! Et la troupe folle et blonde, Sous le rayon éclatant, Retourne de par le monde, Faire à chacun à la ronde, Le mal que nous aimons tant ! ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Le printemps pousse la sève En agitant ses grelots. V Dansons ! Parmi les nids Jase la bergeronnette, Dansons ! Parmi les nids Les merles sont réunis. Du printemps voici la fête, Les mauvais jours sont finis. Les Mariages Cette ronde ne se joue qu'avec des dames et des messieurs. Et ! qui marierons-nous ? Mademoiselle, ce sera vous (bis) Les joueurs désignent une dame, puis chantent. Entrez dans la danse ; La dame choisie entre dans le rond, et le choeur reprend : J'aimerai qui m'aimera, J'aimerai qui m'aime. Eh ! qui lui donnerons-nous ? ”
“ Et, ce disant, Henry, tira vivement un canif de sa poche, — Mais, Henry, que veux-tu faire ? lui dis-je, nous ne sommes pas dans la forêt il n’y pas d’arbres ici... — C’est vrai, attends, je vais graver un B et un H sur le montant de la croisée. — Malheureux ! et ma grand’mère qui l’a fait repeindre il y a un mois, mais elle nous mettrait à la cave pour sûr !... Henry réfléchit une seconde, mais s’écria : « J’ai trouvé ! » et s’approchant derrière la bergère, il incrusta avec son canif sur le côté du montant en bois de droite, un H et un B qui avaient assez bonne façon. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Alors le loup essaie d'attraper le dernier joueur ; la biche défend celui-ci contre le loup, qu'elle empêche de passer en étendant les bras. Si le loup réussit à prendre ce joueur, celui-ci se retire du jeu ; le loup renouvelle sa tentative jusqu'à ce que tous les joueurs soient pris. ”
“ Mon cher ami, j’ai vraiment du malheur ! Toutes les fois qu’à une vente je guigne un vieux meuble, bon ! un nouvel amateur arrive. Pan !... une surenchère, et comme avant tout je suis raisonnable, je reste Gros-Jean comme devant. Mon mari, qui ne s’appelle pas Henry Coustou, car malgré mes serments j’ai manqué à la foi jurée, sourit dans ses moustaches (il en a) , du petit air ironique qui lui est familier. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Les joueurs se divisent en deux camps et forment chacun un rond, sautent et chantent l'un devant l'autre. Le premier couplet dit, le premier rond cède un joueur au second ; le jeu continue et la cession s'effectue après chaque couplet jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul joueur, alors le grand rond l'entoure, saute plusieurs tours et la partie prend fin. ”
“ « C’est juré, c’est pour la vie ! » Alors, en souriant, il tira un couteau de sa poche, et grava sur un arbre un A et un M, Armand et Marguerite, puis au-dessous il dessina un cœur enflammé, et il ajouta : « Nous reviendrons voir cet arbre quand nous serons mariés... » ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Cette ronde se chante et se joue assis, debout ou en dansant, mais toujours les joueurs en rond. L'un d'eux est tiré au sort, et devient le chasseur. Alors les joueurs font d'un objet quelconque le furet, et se le passe de main en main, à leur gré, généralement les mains derrière le dos, en chantant les paroles qui sont rapportées plus bas. Le chasseur court de joueur en joueur, où bon lui semble, jusqu'à ce qu'il ait trouvé le furet. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Une jeune fille choisie parmi les joueurs se place à genoux au milieu du groupe. Les joueurs lui tiennent la robe levée au-dessus de la tête. Le conducteur chante : « Où est la Marguerite » et quand il dit : « J'en abattrai un' pierre », il enlève un des joueurs qui tient la jupe ; il renouvelle cette opération jusqu'à ce qu'il ait enlevé le dernier. Au moment du départ de la ronde, un autre joueur a été désigné comme franc cavalier. Il chante le dernier couplet. En arrivant à la phrase : « je vais chercher mon petit couteau », les joueurs qui restent à tenir la robe, la lâchent ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ LA RONDE En ce cas-là choisissez, Compagnon de la Marjolaine, En ce cas-là choisissez, Dessus le quai. A moi ! A moi ! Pour amuser tout le monde, Il faut danser en ronde : Allons, Monsieur (ou Madame) , faites votre choix, Et surtout revenez à moi, A moi ! à moi. Au début de la ronde, une personne a été placée au milieu du cercle. Après ce premier couplet, elle fait quelques tours, en paraissant hésitante, puis choisit une personne. Celle-ci vient se placer à la droite de la première, les joueurs recommencent le couplet jusqu'à ce que tous aient été appelés au centre du rond. ”
“ De longs vols d’alcyons et déclatantes mauves, Passaient, rasant la mer de leur vol cadencé. — Des pêcheurs sous la voile aux plis teints par l’aurore Relevaient leurs filets ; — de leur groupe éloigné, Un homme au front pensif songeait, songeait encore Sans regarder le flot de lumière baigné. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Avant le départ de la ronde, chaque joueur a choisi une infirmité. Le conducteur remplissant le rôle de médecin, doit guérir son malade. Donn'-moi ton bras que j'te guérisse, Car tu m'as l'air malade, Car tu m'as l'air malade, Lon la, Car tu m'as l'air malade. Cueille la plante que voilà. C'est un fort bon remède, C'est un fort bon remède, Lon la, II faut que le mal cède. Danse sur le pied que voilà, C'est un fort bon remède, C'est un fort bon remède, Lon la, Il faut que le mal cède. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Il faut être un nombre impair de joueurs. La ronde tourne en chantant le premier couplet ; elle se rompt aux mots « saute l'avocat ». Alors les joueurs se tendant la main à droite ou à gauche, tâchent de se tenir. En raison du nombre de joueurs, l'un d'eux reste forcément sans partenaire. Il devient l'avocat et est obligé de tourner seul et de donner un gage. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Il a laissé la cage Vide et mon coeur seulet ! REFRA N On rit on chante davantage, On pleure à la fin du couplet. L'avoine Le conducteur de la ronde s'appelle l'avoine. L'AVOINE Oui veut ouïr, qui veut savoir Comme on sème l'avoine ? Mon père la semait ainsi : Tous les joueurs étendent les bras et imitent l'action de semer et chantent : Puis il se reposait ainsi : On se croise les bras, et on tourne sur soi-même en disant : Un petit tour pour le lendemain. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ La ronde se met à tourner le plus fort possible, en répondant : Essayez ! essayez ! essayez ! Le cordonnier ne quitte pas sa place, et, en étendant les bras, il tâche d'arrêter un joueur en l'attrapant par le bas de la robe, pour les dames, par le bas du pantalon, pour les Messieurs. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ L'eau veut bien éteindre le feu, Le feu veut bien brûler le bâton, Le bâton veut bien battre le boeuf, Le boeuf veut bien manger le loup, Le loup veut bien manger le chien, Le chien veut bien manger Biquette, Biquette veut bien sortir du chou. Ah ! tu sortiras, De ce chou-là ! Biquette, Biquette, Ah ! tu sortiras Savez-vous planter des Choux Cette ronde se chante en mimant le geste de planteur tel qu'il est indiqué : avec la main, le pied, le coude, le nez, le genou. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ On se remet en cercle, on tourne, on danse en recommençant le refrain, mais en changeant le mot aimable par un autre qualificatif. La bonne Aventure enfantine Je suis un petit pou-pon De bel-le fi-gu-re fi-gu-re ai¬ me bien les bon bons, Et les con-fi-tu-res. con-fi-tu-res. vous vou-lez m'en don-ner Je sau-rai bien les man-ger man-ger La bonne a-venture, Oh ! gai, La bonne a-ven-tu-re ! On désigne parmi les joueurs l'enfant et la mère ; eux seuls chantent pendant que les autres joueurs tournent en sautant. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ On vous en ratisse, tisse Toute la ronde chante, en dansant. I Vous qui convoitez un coeur Et qui briguez sa faveur, Profitez du temps propice ; Car bientôt l'on vous dira : Les joueurs lâchent la main des voisins, puis frottant l'index gauche sur le dessus de l'index droit, ils imit nt le mouvement de ratisser quelque chose en chantant : On vous en ratisse, tisse, On vous en ratissera. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ Les joueurs désignent un loup et une biche, puis ils se forment à la queue leu leu, se tenant par la robe, pour les dames et les demoiselles, par le paletot pour les hommes, faisant ainsi la queue de la biche. ”
Noël Bazan, Chantons et rions ! : chansons & rondes pour enfants (1901)
“ On divise les joueurs en deux bandes, puis on les place en face ; ces bandes marchent l'une vers l'autre en chantant : Meunier, tu dors, Ton moulin, ton moulin va trop vite. Meunier, tu dors, Ton moulin, ton moulin va trop fort. ”
