Sophie Victorine Fornel,
Les Lunettes de grand’maman
“ Ô bonheur ! il contenait bien les lunettes. Je m’en emparai vivement ; mais je restai stupéfait en sentant leurs branches enfermées dans leurs gaines de soie, épaisses à tel point que j’eus peine à les faire tenir sur mes tempes et derrière mes oreilles. C’est égal, j’avais réussi ! J’étais enfin maître du talisman de grand’mère. Je regardai dans les gros verres bleus, mais je ne vis absolument rien au travers, que des ombres flottantes, grossies et d’aspect tourmenté. On me croira sans peine si je dis que ma conscience était encore plus troublée que mes yeux. ”

