Résumé

Portrait de A. Achard A. Achard Thérèse, Souvenir d’Allemagne

On voyait son ombre passer devant les rideaux blancs ; une fois son visage se colla contre la vitre et y resta longtemps. Gérard, caché dans la nuit, la regardait. Que faisait-elle à cette heure dans cette solitude ? Y demandait-elle des conseils aux souvenirs qui l’habitaient ?
Le lendemain, Gérard arriva chez Thérèse à l’heure accoutumée. Il la trouva dans le salon, et toute en noir, avec Mme de Lubner. Il n’y avait plus ni robe blanche, ni rubans bleus. L’expression de son visage était changée. Thérèse était comme transfigurée. Gérard ne reconnaissait ni son sourire, ni son regard.
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Portrait de A. Achard A. Achard Thérèse, Souvenir d’Allemagne

Tout en parlant, Gérard avait conduit Thérèse vers le tombeau de sa mère. Il la fit asseoir sur un coin du marbre, et lui prenant la main :
— Non, elles ne sont pas parties, dit-il ; celles que vous avez aimées sont là... elles sont mortes.
— Mortes ! ajouta Thérèse, mortes !...
Elle couvrit son visage de ses deux mains, comme pour ne pas voir la lumière qui se faisait autour d’elle ; elle se mit à pleurer ; on aurait dit que son cœur éclatait.
Mais Gérard, écartant ses mains, lui fit lire sous les feuilles du lierre le nom de Mme van B...
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Portrait de A. Achard A. Achard Thérèse, Souvenir d’Allemagne

C’est le même amour, et ce n’est plus la même fleur !
Gérard ne pensait plus à Paris ; le monde n’avait pas d’autres limites pour lui que les frontières du petit jardin où il rencontrait Thérèse. Quand il se rappelait le jour où elle avait failli mourir, il frissonnait encore et s’étonnait d’avoir pu, par son indifférence et son égoïsme, faire souffrir une aussi aimable fille. Il se la représentait heureuse et gaie, dans quelque coin de terre, avec lui, et se promettait bien de ne plus écouter jamais que la voix de son cœur et non pas celle de la raison.
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