Résumé

A. Esquiros Revue des Deux Mondes

II Quelle est cependant en Hollande la situation actuelle de cette race si durement éprouvée ? Pour la bien connaître, plaçons-nous d’abord à la synagogue.
Les Juifs, ayant perdu leur patrie, leur gouvernement, leurs institutions civiles, doivent s’attacher à leurs cérémonies et à leurs réunions comme aux derniers liens de leur nationalité. Là est la cause de la ténacité avec laquelle ils adhèrent à leurs usages religieux. La synagogue est le centre de leur vie morale, l’ombre du temple écroulé. Ils ont conservé l’usage touchant de prier, la face tournée vers Jérusalem.
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A. Esquiros Revue des Deux Mondes

LES JUIFS EN HOLLANDE.
Il existe un peuple mystérieux, bien digne d’appeler l’attention des historiens et des moralistes. Né dans le désert, la caravane est son emblème. Il a bu l’eau de tous les fleuves, depuis les ondes tièdes du Nil et de l’Euphrate jusqu’aux ondes glacées de la Néva. Il a suspendu sa lyre, détendue par les pleurs de l’exil, aux palmiers de Babylone, aux chênes de la Gaule et aux noirs sapins de la Norvège. Il est partout et toujours, comme le Dieu de Moïse.
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A. Esquiros Revue des Deux Mondes

Les docteurs juifs avaient, en Espagne surtout, le monopole de la médecine. Le passage des Israélites sur la terre de l’antique Ibérie a laissé dans le cœur de leurs descendans un long souvenir. Un des poètes lyriques de la Hollande, M. da Costa, appartient à l’une de ces anciennes familles pour lesquelles l’Espagne fut, pendant des siècles, une patrie d’adoption. Quoique converti au christianisme, cet esprit distingué n’a point abjuré sa qualité de Juif. « Tout en me confessant, s’écrie-t-il lui-même, par la grâce de Dieu un disciple de Jésus-Christ, je n’ai point cessé d’être Israélite. »
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