Résumé

A. de Lapradelle La France à l’exposition de San Francisco

Avec ces touches, s’accentue douloureusement, de place en place, une note de gravité, d’émotion, indispensable, pour rappeler que, fût-ce dans la féerie de ces palais et de ces jardins, sous le signe doré du bonheur de la Tour des Joyaux ; à douze mille kilomètres de Paris, la France n’oublie pas. Son esprit est venu jusqu’ici, mais son cœur est resté là-bas. Les Américaines qui passent ont promptement saisi cette nuance. C’est de tout l’élan de leur cœur qu’elles accueillent ces manifestations de notre esprit.
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A. de Lapradelle La France à l’exposition de San Francisco

Ici, les Etats-Unis ont, sous le signe visible de la richesse, tente de matérialiser le bonheur. Par la sagesse de ses aigles, pacifiquement assis près des colonnes qui montent d’étage en étage, la grande République dont le jeune sang fusionne les vieilles races offre à ses citoyens la promesse scintillante d’un avenir doré. Mais en l’élevant entre les arcs de triomphe de l’Est et de l’Ouest, à l’extrémité de la Cour de l’Univers, elle se garde bien de faire pour elle seule, égoïstement, le rêve splendide.
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A. de Lapradelle La France à l’exposition de San Francisco

Mais, à l’extrémité, vers le Presidio, la note de joie s’atténue ; l’harmonie générale des couleurs et des lumières, sans jamais cesser, diminue. Des constructions de types variés joignent, aux limites du terrain, sur la frontière de l’Exposition, des styles différens et des pensées étrangères. C’est le quartier des Nations, le carrefour où, après s’être rencontrées symboliquement aux sommets des arcs de triomphe, elles se retrouvent dans la libre émulation de leur goût et de leur art, sous l’abri de pierre que chacune s’est construit à l’image des demeures, châteaux ou palais, de son pays.
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