A. de Pontmartin

Résumé

A. de Pontmartin Revue des Deux Mondes

Nous n’hésitons pas à le dire : si notre siècle, riche en génies, en facultés d’un autre genre, a vu dégénérer et décroître l’art dramatique ; si le théâtre moderne attend encore le talent original qui doit lui rendre la splendeur et la vie, c’est que le poète dramatique doit, avant tout, vivre hors de soi, s’absorber dans l’harmonie générale de l’humanité et de son temps, et en résumer les traits caractéristiques dans une œuvre qui est à tous, mais qu’il fait sienne par la concentration puissante de son génie.
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A. de Pontmartin Revue des Deux Mondes

Chose remarquable ! l’école à laquelle appartient M. Dumas a reproché, non sans raison, à la tragédie classique l’uniformité de ses procédés ; ces songes, ces récits, ce langage de convention, ces formes traditionnelles ; elle lui a reproché d’habiller à la française les Grecs, les Romains et les Turcs. Cette monotonie extérieure n’était du moins que le côté accessoire du drame : au-dessous pouvait se cacher, pourvu qu’un grand poète s’en mêlât, une étude exacte, habile, instructive des époques que l’on ressuscitait, des événemens que l’on retraçait sur le théâtre.
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A. de Pontmartin Revue des Deux Mondes

Et qu’est-ce qu’un talent d’artiste, qui, au lieu de faire vivre ce qu’il touche, répand autour de soi des conditions d’immobilité et de mort ?
Pendant que le grand répertoire languissait faute d’interprète, cette lacune a-t-elle été comblée par quelque œuvre, quelque tentative, étincelle jaillie au choc des événemens, révélation où essai d’une comédie nouvelle à qui la révolution offrait tout à coup des élémens, des personnages, des types, des aspects inattendus ?
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