Résumé

Albert Dumont La Propagande prussienne en Alsace

On vit alors dans des journaux sérieux des raisonnemens dont nous avons quelque peine à saisir toute la valeur. « L’attachement de l’Alsace à la France, disait-on, fait la joie de l’Allemagne ; il est une dernière preuve qui rend plus sensible la parenté de l’Allemagne et de l’Alsace ! Qu’est donc cette fidélité chevaleresque à la France, sinon un sentiment germanique que nous seuls pouvons éprouver ? Que l’Allemagne soit fière ; le sang de nos ancêtres n’a pas dégénéré dans les veines des Alsaciens : plus ils sont dévoués à la France, plus ils témoignent à leur insu qu’ils sont Allemands ! »
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Albert Dumont La Propagande prussienne en Alsace

L’Alsace se sauve seule, fait seule ses affaires. Vers le même temps, il est facile de voir combien elle se détache de l’empire. Obligée de chercher des alliés, elle s’adresse non pas à l’Allemagne, mais à la Suisse. L’union avec les républiques helvétiques devient une des habitudes constantes de la politique des villes d’Alsace. Ces républiques interviennent dans les guerres de la ligue, par exemple contre Enguerrand de Coucy, dans leurs affaires intérieures, comme dans la triste guerre des six oboles. Les Allemands, par mépris, appellent déjà la Haute-Alsace l’étable des Suisses.
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Albert Dumont La Propagande prussienne en Alsace

L’Allemagne a été le pays de la division politique par excellence ; chacun chez, soi, telle fut longtemps sa devise. La géographie et les circonstances historiques y ont été pour beaucoup ; mais cette division à l’infini, était dans la nature de la race. Le temps a fait naître l’idée de l’unité ; l’individualisme allemand s’est transformé. Les petits états étaient trop faibles, un empire puissant a paru le remède à bien des maux : il a fallu près de dix siècles à l’opinion germanique pour essayer sérieusement de réaliser cette unité.
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