Résumé

Portrait de Albert Duruy Albert Duruy La Conspiration du général Malet

IV Une folie, tel est en effet le terme qui caractérise avec le plus de justesse la tentative du général Malet. Il fallait être insensé pour concevoir la pensée de renverser Napoléon, à l’aide d’un caporal et d’un commissaire de police. Seul, un homme atteint de manie orgueilleuse, surexcité par une longue détention, hanté par des visions glorieuses, a pu former un tel projet et s’y aventurer comme on l’a vu, sans se départir un instant de son impassibilité.
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Ces diverses causes de faiblesse, la dernière surtout, jointes aux difficultés mêmes de l’exécution, devaient nécessairement paralyser Malet. On l’a si bien compris qu’il a fallu qu’on les négligeât complètement pour pouvoir soutenir que « sans l’accident de la place Vendôme, qui mit si brusquement fin au mouvement, l’empire se serait effondré tout seul. » Non, l’empire ne se serait pas effondré, non, « la république n’eût pas repris tranquillement possession du pays, » si la conspiration avait eu, place Vendôme, le même succès qu’au ministère et à la préfecture de police.
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Malet lui-même n’en avait pas. Il savait que l’illusion serait courte et ne comptait que sur la toute-puissance des faits accomplis pour se maintenir. Il spéculait en joueur audacieux sur le succès même. Un homme heureux, en France, est si fort ! Mais tout porte à croire qu’il se trompait dans ses calculs. Le sénat impérial et les grands corps d’état, si peu sûrs qu’ils fussent, les hauts fonctionnaires du gouvernement, si faibles qu’ils se soient montrés dans l’affaire du 23 octobre, n’auraient jamais trahi l’empereur vivant et debout.
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