Résumé

Max Billard Un Interrègne de quelques heures… (1906)

Malet se disposait à lui brûler la cervelle; mais une glace placée par hasard derrière Malet, laisse apercevoir par Doucet le pistolet dont il va s'armera, il se jette sur lui et pare le coup. Au même moment, Laborde le prend à bras le corps, en criant : « Aux armes! ». On accourt. Quatre dragons de garde se jettent sur lui; en un instant, il est terrassé, garrolé. On le traîne, les mains liées, le regard fixe, bravant la haine et l'insulte, au balcon de l'hôtel, d'où le colonel Doucet, s'adressant aux troupes, leur crie : a Soldats, votre Empereur n'est pas mort.
Source : Gallica

Max Billard Un Interrègne de quelques heures… (1906)

Il voyait autour de lui les survi vants de sa gigantesque armée, des soldats engourdis et glacés, avec des lambeaux d'uniforme, des blessés les bras en écharpe, la tête serrée de linges et enveloppés de capotes de verglas. C'était partout un pêle-mêle de chevaux morts, de canons embourbés, de fourgons remplis de grenadiers mutilés. Il neigeait.
A ce moment arriva de France la première estafette que l'on eut vue depuis longtemps : elle apportait la nouvelle de la conspiration. L'empereur, plein déjà de cruels soucis, apprenait en même temps l'exécution de Malet et de ses complices.
Source : Gallica

Max Billard Un Interrègne de quelques heures… (1906)

Aussi, quand on apprit l'incendie de Moscou et le retour lugubre de cette grande armée, qui allait être une retraite de cadavres, il n'y eut dans toutes les classes de la société qu'un sentiment de terreur. Paris était triste, morne, angoissé : on devinait que l'acte de folie inconcevable de l'ambitieux Empereur, qui n'avait su ni supputer les jours, ni prévoir l'effet des climats, coûterait le plus pur sang de la patrie déjà épuisée par tant de victoires et dépeuplée par tant de conquêtes. Le brillant soldat, qui avait donné l'empire du monde à la France, devint tout à coup suspect
Source : Gallica

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