Albert Samanos

Résumé

Albert Samanos La vie qui brûle (3e édition) (1884)

Ce fut la première profanation du souvenir de ma grande morte !
— Le cœur est comme le firmament, murmuraije, une partie des cieux, mais, comme lui, il change nuit et jour.
— Oh ! ne blasphème pas, s'écria-t-il presque irrité; je ne l'aime pas de la même façon que l'autre !
Et il se tut quelques secondes.
— L'une, continua-t-il, m'a donné les joies du paradis : une affection qui ne s'est jamais démentie, une affection douce, dévouée, prévoyante; l'autre me donne, je crois, les ivresses de l'enfer : elle me brûle le sang!
Source : Gallica

Albert Samanos La vie qui brûle (3e édition) (1884)

Ce cri de rage fut quelques minutes un triomphe pour ma grande morte ; c'était le passé avec son cortège de souvenirs tendres; citaient mes cinq années d'amour ensoleillées d'aurores qui disaient au présent : Tu n'existes pas! Et cependant il existe, le présent, puisque j'aime!
— Tu as une nouvelle maîtresse?. interrompis-je.
— Oui, et voilà pourquoi je suis triste.
Je m'en veux d'avoir donné de nouveau mon cœur, et j'eusse certainement goûté les joies immenses du succès si, seule, l'absente que je pleure m'était apparue dans le rayonnement sublime de
la mort !.
Source : Gallica

Albert Samanos La vie qui brûle (3e édition) (1884)

L'enfant est bien vivante, mais la mère est morte !
Quinze ans se sont écoulés depuis ce jour néfaste, et Serguinet est toujours pharmacien rue de Rennes. Ses cheveux ont blanchi, sa taille s'est légèrement courbée; mais sa fille a grandi, s'est développée en force et en beauté, et le moindre de ses sourires lui réjouit le cœur : parfois, une ombre triste passe sur son front ; il l'écarté bien vite, devient plus tendre, plus caressant pour sa blonde Juliette, et il la presse plus fortement sur sa poitrine, comme si quelqu'un allait la lui enlever.
Source : Gallica

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