Alphonse Momas

Résumé

Alphonse Momas L’Armée de volupté

Lucette poussa un soupir, sourit, et tendant la main à sa sœur, répondit :
— Lève-toi, Lucie, joins-toi à nous et unissons-nous pour son bonheur.
— Que serai-je auprès de toi, sœur aimée, tu es belle, belle.
— Il t’aime et il m’aimera.
— Il t’aimait, il ne m’aimera plus.
— Que la volupté nous emporte l’âme, chérie, et ne pensons plus qu’à elle.
Lucie se releva et en peu d’instants fut nue comme sa sœur, qu’elle arracha aux minettes et aux feuilles de roses d’Émile, en l’attrapant à bras le corps, en l’entraînant sur un canapé où elles tombèrent dans les bras l’une de l’autre.
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Alphonse Momas L’Armée de volupté

Il se rapprocha et murmura :
— Et toi, appartiens-tu à cette Armée de Volupté ?
— Je ne puis te répondre. Si la science te vient, elle te viendra par les efforts de ta volonté, et non par aucune des personnes qui se trouvent près de toi.
— Lucie, Lucie, tu m’as mis l’amour au cœur, tu as versé la passion dans mon sang, qu’es-tu pour moi, que suis-je pour toi ?
— Pour toi, je serai la maîtresse telle que nul amant n’en rêva jamais, si tu t’appliques à me comprendre : pour moi, tu es l’amant que mon cœur aspirait à connaître.
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Alphonse Momas L’Armée de volupté

Pourquoi ne proposait-il pas le mariage à Lucette ? Parce qu’il le lui avait demandé et qu’elle lui avait ri au nez, en répondant :
— M’épouser, moi, Lucette, ah, mon ami, j’ai été veuve au bout de six mois de mariage : mon mari m’aimait trop, et... ça me plaisait. La robustesse ne sauve pas l’homme dans un amour excessif. Le vôtre... me tracasse, et... je ne veux pas que vous mouriez.
Il y avait foule au Moulin-Rouge et le sexe abondait.
— À moi les femmes, une femme, dit Émile serrant la main du peintre Glomiret, aperçu dès les premiers pas.
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