André Maurois

André Maurois

Résumé

Portrait de André Maurois André Maurois Ni ange, ni bête

Comme ils arrivaient au faubourg Saint-Gilles, Bertrand d’Ouville, poussant une lourde porte, fit entrer Philippe dans la cour de l’hôtel de Vence où l’herbe poussait entre les pavés noirs.
— Regardez ceci, mon cher ; est-ce beau ? La grâce sobre des lignes, l’aisance noble du toit, cette fenêtre classique qu’orne à peine un feuillage léger... Et la couleur de tout ça : cette brique à peine rose, cette pierre à peine grise... Ah ! votre romantisme, mon cher, je suis loin d’en mépriser les beautés ; tout est bon et je ne blâme personne.
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Portrait de André Maurois André Maurois Ni ange, ni bête

On ne peut détruire que ce qui est détruit.
Vous me faites penser, mon cher, à Machiavel, maudissant le pauvre Pier Soderini, âme timide auquel son mépris refusait l’entrée de l’Enfer. « Va dans les limbes avec les petits enfants » dites-vous à Lamartine et à ses amis. Ma foi, je vous demanderai la permission de les y rejoindre. Plus je vieillis, et plus je me persuade qu’il ne faut faire souffrir personne inutilement.
— J’attendais le « quand vous aurez mon âge » dit Philippe à Geneviève quand il fut parti : il n’y a pas d’argument qui m’exaspère davantage.
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Portrait de André Maurois André Maurois Ni ange, ni bête

« Il n’est pas donné à l’irréligion de détruire une religion sur terre. Il faut une foi pour remplacer une foi. La terre ne peut pas rester sans autels et Dieu seul est assez fort contre Dieu.
— Oui, cela est beau, dit Geneviève, avançant le menton et abaissant la tête d’un air satisfait.
— « Les hommes de l’Assemblée Constituante, déclamait Philippe, n’étaient pas des Français : c’étaient des hommes universels, des ouvriers de Dieu appelés par lui à restaurer la raison sociale de l’humanité et à ramener le droit et la justice par tout l’univers. »
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