Aristide de Gondrecourt

Aristide de Gondrecourt

Résumé

Portrait de Aristide de Gondrecourt Aristide de Gondrecourt Le pays de la peur. Tome 2 (1861)

Madame, je serai ce que Dieu permettra. Pour le moment, rassurez-vous : il me permet d'être maître de moi-même, et de ne pas ajouter la ridicule sottise d'un éclat à l'outrage fait à mon nom, à la blessure mortelle faite à mon coeur.
Au même instant, la cloche sonna pour le dîner de famille, et la voix pure de Thérèse se fit entendre. La chaste et noble femme fredonnait une chanson de l'enfance pour amuser la rieuse fillette qu'elle portait sur ses bras.
Le baron Arnold tressaillit, et il détourna la tête, voulant cacher à la douairière deux larmes que dévorèrent son désespoir et sa fierté.
Source : Gallica

Portrait de Aristide de Gondrecourt Aristide de Gondrecourt Le pays de la peur. Tome 2 (1861)

Quel front ! que de perversité ! se dit la douairière en se levant pour obéir à la cloche.
– Vous voilà bien distrait et préoccupé, mon cher Arnold ? demanda Thérèse, en remarquant le silence, l'immobilité et le front rêveur de son mari.
– Moi, ma chère amie, répondit avec effort le baron, et comme s'il se fût débarrassé des étreintes d'un mauvais rêve, je ne suis occupé que de votre sérénité.
– Bien riposté, grommela tout bas la douairière ; impudence et sérénité, chez elle, c'est tout un.
– C'est fort galant, répondit Thérèse. Ma tante, voulez-vous mon bras ?
Source : Gallica

Portrait de Aristide de Gondrecourt Aristide de Gondrecourt Le pays de la peur. Tome 2 (1861)

Je vais, peut-être, pouvoir servir mon associé Walter tout en me divertissant.
En effet, c'était bien Pompidou qui, depuis un gros quart-d'heure, passant et repassant devant Francis, le regardant en-dessus et en-dessous, marmottait entre ses dents :
– Il est impossible que deux hommes se ressemblent de cette façon... C'est le mendiant de la Treib, moins la besace, la barbe blanche et les haillons ; c'est le cicerone du baron, c'est notre aveugle... mais non, un aveugle ne marche pas si droit, et, surtout sans bâton... c'est lui, ce n'est pas lui...
Source : Gallica

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