Charles Aubertin

Résumé

Charles Aubertin Revue des Deux Mondes

Dieu en est-il plus connu, mieux servi, mieux aimé ? L’autorité du roi, son indépendance, sa couronne sont-elles plus affermies ? Le royaume en est-il plus tranquille ? Tous les ordres, tous les corps ne sont-ils pas bouleversés ? Au reste, le roi est le maître. Il peut faire sentir comme il lui plaît son pouvoir à une compagnie dont les membres s’honorent d’être ses sujets les plus fidèles et les plus soumis ; mais il n’y a pas de traitement qui puisse les obliger à devenir les complices de tant de maux en renonçant à leur de voir le plus essentiel.
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Charles Aubertin Revue des Deux Mondes

Le danger est si public qu’il ne peut être celé. La foule est en armes ; les barricades sont dressées par les rues, avec l’intention déclarée de ne pas les rompre et de ne pas quitter les armes sans la liberté de M. de Broussel : ce n’est là que le commencement ; le mal peut croître à tel degré que l’autorité royale y périra. Pour quelle cause a-t-on ordonné l’emprisonnement de deux membres du parlement, sinon parce qu’ils avoient avec liberté dit leur suffrage ? Si cette liberté est ôtée, le parlement perd son nom, toutes les lois sont violées, la sécurité de l’état est perdue.
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Charles Aubertin Revue des Deux Mondes

Le régime impérial avait donc modifié, mais n’avait pas détruit l’antique puissance de la parole, le rôle agissant et prépondérant de l’orateur politique. Jamais l’art de bien dire ne fut plus cultivé, et cet art n’était pas seulement la parure et l’amusement d’une société désœuvrée ; il continuait d’être un moyen d’influence et de gouvernement ; il dirigeait les assemblées, s’imposait à la force, tempérait et dominait le despotisme lui-même.
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