Résumé

Charles Aubertin L’Éloquence parlementaire en France avant 1789

Il n’existe, au moyen âge, qu’une grande école de parole publique : c’est la chaire ; il n’y a pas d’autre modèle de discours que le sermon ; parler devant un auditoire, quel qu’il soit, déclamer devant une foule sur n’importe quel sujet, c’est « prescher, » et l’on dit d’un général haranguant son armée sur le champ de bataille qu’il « sermonne » ses soldats.
Le temps était venu pour Charles de Navarre d’achever son dessein et de toucher le faîte où aspirait son ambition.
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Charles Aubertin L’Éloquence parlementaire en France avant 1789

Pendant que l’émeute parisienne, poussée par le corroyeur tribun, bat le seuil de la demeure royale et menace d’en forcer l’entrée, une fenêtre s’ouvre : le chancelier de France, Miles de Dormans, évêque de Beauvais, parlemente avec les assaillans. Dans son discours d’apaisement, il va jusqu’à reconnaître le principe de la souveraineté nationale : « Oui, les rois auraient beau le nier cent fois, le suffrage populaire est le fondement de la monarchie, reges regnant suffragio populorum... Ni le roi, ni ses conseillers ne pourraient faire un peuple, mais un peuple ferait bien un roi. »
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Charles Aubertin L’Éloquence parlementaire en France avant 1789

Sur un mot d’ordre du prévôt des marchands, les boutiques se fermèrent ; « les ménestrels, » qui remplissaient les places et les rues, cessèrent de jouer ; des maisons silencieuses sortirent trois mille hommes des métiers de Paris, portant le chaperon rouge et bleu ; leur foule en armes s’assembla aux abords du palais : c’était la première apparition de la garde nationale dans l’histoire de France. Le lendemain, ils s’emparaient du Louvre, par surprise, y enlevaient « l’artillerie » et la traînaient à l’Hôtel de Ville.
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