Résumé

Charles Lesseps Appel au bon sens sur la loi d'élection (1845)

Avec un système qui ne peut dominer la représentation qu'en la faussant; avec une élection trop faible pour le contenir, le guider ou le soumettre, et trop vivace dans les moeurs pour abdiquer sans résistance, la sève du pays se consume dans la stérilité. Au milieu du calme et de l'ordre, le Gouvernement s'arrête, comme une immense machine sans unité et sans harmonie, dont les rouages se contrarient au lieu de se seconder. Chambre et royauté, chacune est justement assez puissante pour en entraver les ressorts, aucune n'a la main assez forte pour les faire marcher.
Source : Gallica

Charles Lesseps Appel au bon sens sur la loi d'élection (1845)

Comment se peut-il, sans absurdité, que la capacité électorale soit reconnue aujourd'hui dans un ou plusieurs citoyens, et leur soit enlevée le lendemain sans que rien ait changé dans leur état matériel et moral ? C'est ce qui arrive, c'est ce qui est arrivé constamment dans une portion des collèges ; l'électeur non censitaire s'est vu et se voit, tous les jours, déchu de sa capacité, parce que, dans les vicissitudes des fortunes locales, à côté de lui, d'autres citoyens atteignant le cens de 200 francs viennent subitement prendre sa place et le frapper d'inintelligence légale.
Source : Gallica

Charles Lesseps Appel au bon sens sur la loi d'élection (1845)

DE LA POPULATION CONSIDEREE DANS SES RAPPORTS AVEC LE COUPS ÉLECTORAL.
Il est à peine nécessaire d'ajouter qu'aucune espèce de rapport régulier et déterminé n'a été établie entre le nombre des électeurs et celui des citoyens. Ces rapports étaient impossibles. La raison en est dans la nature même de la loi. En effet, la prérogative de l'électeur ne procède d'aucun des faits sociaux qui l'enveloppent. Elle prend sa source en elle-même, elle est absolue, solitaire; l'individu ne la reçoit que de son état propre, de sa fortune personnelle.
Source : Gallica

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