Résumé

Henri Druon Le suffrage universel et la loi électorale (1871)

L'obligation de payer une contribution directe, foncière, personnelle ou mobilière, ne serait-elle pas la meilleure garantie que l'électeur a un foyer, si humble qu'il soit? Nous le pensons, celui-là seul doit être réputé citoyen qui ne vit pas dans la société en nomade. L'idée de cens, dans ces conditions, n'a rien qui doive effaroucher. Si pourtant on voulait à toute force, et contre l'évidence, y voir un retour au privilége, soit, n'exigeons pas que l'électeur paye quelque chose: mais n'avons-nous pas le droit de demander qu'il ne soit pas au moins dans l'état de domesticité?
Source : Gallica

Henri Druon Le suffrage universel et la loi électorale (1871)

La possibilité, la probabilité même de plusieurs tours de scrutin présente-t-elle quelque inconvénient grave? Sans doute, dans le système qui admet le suffrage direct, la convocation, plusieurs fois répétée, de tous les électeurs est une grosse affaire; mais on n'y échappe qu'au prix d'un réel danger, celui d'altérer la sincérité de la représentation, danger qui ne peut se nier, si l'on réfléchit au chiffre minime de voix qui suffit pour qu'il y ait élection.
Source : Gallica

Henri Druon Le suffrage universel et la loi électorale (1871)

Mais non; le premier vote suffît, il est définitif, et l'opinion que repoussent la plupart des électeurs est celle qui aura triomphé fortuitement. Cède-t-on à un esprit de dénigrement, si l'on désapprouve la loi qui consacre de pareilles étrangetés? Telle est pourtant une des conséquences du scrutin de liste, combiné avec le suffrage direct : car, disons-le en passant, la difficulté n'est plus la même si l'on a des électeurs du second degré; ils pourront bien plus aisément recommencer le vote, jusqu'à ce que le vote donne une majorité absolue, la seule qui soit vraiment sérieuse.
Source : Gallica

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