Résumé

Duc d’Ayen Revue des Deux Mondes

Si le suffrage universel imparfait n’est ni un maître prévoyant ni un serviteur toujours docile, c’est au moins une puissance réelle et franche; en faire l’essai consciencieux est l’œuvre de notre temps. Le gouvernement par les masses a, comme toute autre forme politique, ses difficultés et ses inconvéniens; mais, lorsque nous parlons de division électorale, ce n’est point dans l’idée d’affaiblir l’institution du suffrage universel d’après l’ancienne maxime : diviser pour régner.
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On pourrait aujourd’hui reconnaître deux sortes d’égalités, une égalité négative et une égalité positive, dont l’attraction et la répulsion se font sentir comme deux pôles contraires. La première consiste à abattre tout ce qui s’élève, à entraver tout ce qui se distingue et à appauvrir tout ce qui s’enrichit; la seconde, c’est-à-dire l’égalité positive, consiste à aider et à encourager le vice à se changer en vertu, la faiblesse en forces utiles, l’indigence en richesse, et à ramener tout ce qui est abaissé à un niveau supérieur.
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Que les systèmes représentatifs soient autre chose qu’une chimère, ou que les élections et le pouvoir législatif soient simplement le résultat d’une opération d’arithmétique, on n’a qu’à se compter pour voir ceux qui doivent être non les maîtres, mais la force vitale du pays. Si l’on doit trembler devant certains fantômes de désordre possible trop grossis et trop souvent invoqués, l’abdication sexennale du pays aux mains d’un seul par le vote universel est-elle le plus sûr abri contre des éventualités funestes?
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