Résumé

E. Caro Un Moraliste inédit, M. Doudan

L’éclat d’une fête, la vue d’une scène violente, la lecture d’un roman met dans cet état. On se croit alors traversé de pensées nouvelles, et ce n’est pourtant que l’écho des impressions des autres. La vraie inspiration est quand le vrai soi-même se réveille tout à coup du demi-sommeil où il languit d’ordinaire. On est étonné alors de ce qu’on voit en soi... Pour les gens qui n’ont pas de talent, une nuit éternelle plane sur le courant de leurs impressions personnelles, elles passent rapidement et confusément. L’inspiration est le temps où le soleil se lève sur ces rivages inconnus [16] .
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E. Caro Un Moraliste inédit, M. Doudan

Il est bon de lire pour s’exciter à penser soi-même ; mais, l’impulsion une fois donnée, il faut fermer le livre et ne plus lire qu’en soi, ce qui ne s’obtient pas sans fatigue. Il faut donc se défier de la tentation des lectures indéfinies et prolongées. L’esprit s’y engourdit dans la volupté facile des idées qu’on lui apporte et des jouissances toutes préparées qui lui viennent sans effort. Nul mieux que M. Doudan n’a senti le péril et l’excès, et nul plus que lui n’a complaisamment cédé au charme.
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E. Caro Un Moraliste inédit, M. Doudan

Là est l’explication de la difficulté qui embarrassait notre esprit et l’inquiétait comme par une sorte de contradiction ; c’est la solution du problème prise à la source la plus élevée. L’homme est mobile et fini, il est curieux et oublieux, son génie est exclusif, local, si je puis dire, et partiel ; de là son impuissance d’embrasser à la fois toutes les formes du beau ; il faut bien s’y résoudre, chaque génération ne voit qu’un côté du beau, il faut que ce vaste empire soit partagé dans le temps entre les diverses générations.
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