Résumé

Erckman-Chatrian Le Fou Yégof, épisode de l’invasion…

On se mit en marche pour le Falkenstein. Marc Divès, à cheval, sa grande latte pendue au poing, formait l’arrière-garde. Frantz et Hullin, à gauche, observaient le plateau ; Kasper et Jérôme, à droite, la vallée ; Materne et les hommes de l’escorte entouraient les femmes. Chose bizarre, devant les chaumières du village des Charmes, sur le seuil des maisonnettes, aux lucarnes, aux fenêtres, apparaissaient des figures jeunes et vieilles, regardant d’un air curieux cette fuite de la mère Lefèvre, et les mauvaises langues ne l’épargnaient pas : — Ah ! les voilà dénichés ! criait-on.
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Erckman-Chatrian Le Fou Yégof, épisode de l’invasion…

Ils se réveillèrent tout à coup. — C’est Piorette, c’est Marc ! criaient des voix cassées, sèches, des voix de squelettes ; on vient à notre secours !
Et tous les misérables cherchaient à se relever ; quelques-uns sanglotaient, mais ils n’avaient plus de larmes. La fusillade se mit à pétiller vers le plateau du Bois-de-Chênes et la forêt du Valtin à la fois. Le jour commençait à poindre ; le pâle crépuscule montait derrière les cimes noires ; quelques rayons descendaient dans les vallées ténébreuses ; une demi-heure après, ils argentaient les brumes de l’abîme.
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Erckman-Chatrian Le Fou Yégof, épisode de l’invasion…

Et dans toute la profondeur de la futaie, sur le fond pâle du ciel, on ne vit plus alors que s’agiter des banderoles en queue d’hirondelle, scintiller des lances et s’avancer des hulans à la file directement vers le traîneau, mais sans se presser, comme des gens qui cherchent, les uns le nez en l’air, les autres penchés sur la selle, pour voir sous les broussailles. Il y en avait plus de trente. Qu’on juge de l’émotion de Louise et de Catherine, assises au milieu du chemin.
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