Résumé

Erckman-Chatrian Le Fou Yégof, épisode de l’invasion…

Les trois chasseurs écoutaient en se regardant d’un œil étrange.
— Et d’où tenez-vous cela ? demanda Kasper.
— Mon garçon, c’est affiché partout.
— Eh bien ! ça nous fait plaisir, dit Materne en posant la main sur le bras de Frantz, qui se levait les yeux étincelans. Tu veux du feu, Frantz, voici mon briquet.
Frantz se rassit, et le vieux reprit doucement : — Et nos bons amis les Autrichiens ne prennent rien à personne ?
— Tous les gens tranquilles n’ont rien à craindre ; mais ceux qui se lèvent, on leur prend tout, et c’est juste : il ne faut pas que les bons pâtissent pour les mauvais.
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Erckman-Chatrian Le Fou Yégof, épisode de l’invasion…

Il suivit Hullin, qui s’éloignait, en criant : — Huldrix, malheur à toi ! Ta dernière heure est proche !... Les loups vont se repaître de ta chair. Tout est fini. Je déchaîne contre toi les tempêtes de ma colère. Qu’il n’y ait pour toi et pour les tiens ni grâce, ni pitié, ni merci ! Tu l’as voulu !
Et, jetant sur son épaule gauche un pan de ses guenilles, le malheureux s’éloigna rapidement vers la cime du Donon. Plusieurs des partisans, à demi éveillés par ses cris, le regardèrent d’un œil terne s’enfoncer dans les ténèbres.
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Erckman-Chatrian Le Fou Yégof, épisode de l’invasion…

Hullin avait envoyé Lagarmitte porter l’ordre à Frantz Materne, qui se trouvait posté de l’autre côté du Donon, d’arriver en toute hâte avec la moitié de ses hommes. On peut s’imaginer si le brave garçon, prévenu du danger que courait son père, perdit une seconde. Déjà l’on voyait les larges feutres noirs grimper la côte à travers les neiges, la carabine en bandoulière. Ils accouraient aussi vite qu’ils pouvaient, et pourtant Jean-Claude, descendant à leur rencontre, la sueur au front, l’œil hagard, leur criait d’une voix vibrante : — Allons donc !... plus vite !
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