Eugène Machelard

Résumé

Eugène Machelard Théorie générale des interdits… (1864)

« J'ignore si vous êtes en réalité héritier de telle personne, et je n'entends point le contester. Ce que je conteste, c'est que votre auteur eût le droit de me dépouiller de ce que je possède. Il n'était qu'un usurpateur, un proedo, comme je le suis moi-même; seulement, j'ai l'avantage de la possession : In pari causa melior est causa possidentis. S'il vivait encore, votre auteur serait obligé de recourir à la revendication pour triompher contre moi. Vous êtes, dites-vous, en son lieu et place ; faites ce qu'il aurait dû faire, prouvez que vous êtes propriétaire».
Source : Gallica

Eugène Machelard Théorie générale des interdits… (1864)

Peu importe, remarquons-le bien, que le possesseur ait en réalité le droit d'agir comme il le fait, ou qu'il ne l'ait pas, c'est-à-dire qu'il soit propriétaire ou non. Il n'est même pas nécessaire qu'il soit dans l'erreur à cet égard, et qu'il s'imagine avoir acquis la chose; la mauvaise foi n'est pas un obstacle à la possession. Bien plus, les moyens à l'aide desquels aura été acquis le pouvoir exercé pour son compte sur le bien d'autrui, quelque blâmables qu'ils puissent être, n'empêchent pas la possession de s'établir.
Source : Gallica

Eugène Machelard Théorie générale des interdits… (1864)

La bonne foi, requise pour l'usucapion, n'existe, fait-on habituellement observer, qu'autant que celui qui usucape sait pertinemment qu'il y a chez lui possession effective; il ne lui suffit pas de présumer, même avec raison, que cet état de choses est déjà réalisé. Quand il s'agit de dépouiller quelqu'un de sa propriété, il n'est pas étonnant que l'on se montre plus exigeant sur les conditions de la possession, qui, au fond, consiste dans la conscience d'avoir une chose à sa disposition.
Source : Gallica

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